
Dans ce cours d’allemand de 2de, tu découvres la Loreley, un rocher du Rhin devenu l’une des légendes les plus célèbres d’Allemagne. D’abord, tu situes le lieu et tu apprends son vocabulaire. Ensuite, tu lis le poème de Heinrich Heine. Enfin, tu vois comment artistes et écrivains réécrivent sans cesse cette histoire.
La Loreley en cours d’allemand de 2de : un rocher sur le Rhin
La Loreley est d’abord un lieu réel. C’est un rocher d’environ 130 mètres de haut, sur la rive droite du Rhin, près de la petite ville de Sankt Goarshausen. On le trouve dans la vallée du Rhin moyen, entre Mayence et Coblence. En allemand, on dit : Die Loreley ist ein Felsen am Rhein.
À cet endroit, le fleuve fait un virage serré. Il devient aussi plus étroit et plus profond. Le courant est donc rapide, et des récifs se cachent sous l’eau. Pendant des siècles, les bateliers ont redouté ce passage. Par exemple, on dit : Hier ist der Rhein eng, tief und gefährlich.
Le nom lui-même est ancien. La syllabe Ley désignait un rocher d’ardoise dans les dialectes de la région. La première partie viendrait d’un vieux verbe qui signifiait « guetter » ou « murmurer ». En effet, le rocher produit un écho étonnant : Am Felsen hört man ein starkes Echo.
Wortschatz
| Deutsch | Français |
|---|---|
| der Felsen, – | le rocher |
| der Rhein | le Rhin |
| das Ufer, – | la rive |
| die Strömung, -en | le courant |
| das Riff, -e | le récif |
| der Schiffer, – | le batelier |
| der Kahn, ¨-e | la barque |
| die Sage, -n | la légende |
| locken | attirer |
| ertrinken (ertrank, ist ertrunken) | se noyer |
De Brentano à Heine : la naissance d’une légende
On croit souvent que la légende vient du Moyen Âge. Pourtant, elle est récente. En 1801, le poète romantique Clemens Brentano invente la figure de Lore Lay. Dans sa ballade, c’est une très belle jeune femme de Bacharach. Tous les hommes tombent amoureux d’elle, mais elle souffre, car son bien-aimé l’a quittée. Un évêque l’envoie au couvent. En chemin, elle monte une dernière fois sur le rocher pour regarder le Rhin, puis elle tombe dans le fleuve.
Ensuite, d’autres auteurs reprennent l’histoire et la transforment. La jeune femme malheureuse devient peu à peu une créature magique. Elle n’est plus victime : elle attire désormais les hommes vers la mort. C’est ainsi qu’une légende « inventée » finit par sembler très ancienne.
Définition
Une légende (die Sage) est un récit lié à un lieu réel, mais qui contient du merveilleux. Elle se distingue du conte (das Märchen), qui se passe « il était une fois », dans un lieu imaginaire. On dit donc : Die Loreley ist eine Sage und kein Märchen.
Le poème de Heine (1824)
En 1824, Heinrich Heine publie le poème qui rend la Loreley immortelle. Il compte six strophes de quatre vers. Voici les trois premières, en orthographe modernisée :
Ich weiß nicht, was soll es bedeuten,
dass ich so traurig bin;
ein Märchen aus alten Zeiten,
das kommt mir nicht aus dem Sinn.Die Luft ist kühl und es dunkelt,
und ruhig fließt der Rhein;
der Gipfel des Berges funkelt
im Abendsonnenschein.Die schönste Jungfrau sitzet
dort oben wunderbar,
ihr goldnes Geschmeide blitzet,
sie kämmt ihr goldenes Haar.Heinrich Heine, « Die Lorelei », 1824 (strophes 1 à 3)
D’abord, le poème commence par le « je » du poète, triste sans savoir pourquoi. Ensuite, le décor apparaît : l’air frais, le Rhin calme, le sommet qui brille au soleil couchant. Enfin, la jeune femme surgit, tout en or. Remarque les formes anciennes sitzet et blitzet : le -e ajouté sert le rythme du vers. Aujourd’hui, on écrirait sitzt et blitzt.
En 1837, le compositeur Friedrich Silcher met le poème en musique. Sa mélodie simple devient vite un chant populaire. Aujourd’hui encore, les bateaux de croisière la diffusent quand ils passent devant le rocher.
La sirène qui perd les bateliers : comprendre le mythe
Dans les trois dernières strophes, la jeune femme chante une mélodie étrange et puissante. Un batelier passe dans sa petite barque. Il est saisi d’une douleur sauvage et ne regarde plus que le sommet. Par conséquent, il ne voit pas les récifs. À la fin, les vagues engloutissent l’homme et son bateau. Le poète conclut : c’est la Loreley qui l’a fait, avec son chant.
Règle
Pour raconter une légende à l’écrit, on utilise le prétérit. Beaucoup de verbes du mythe sont forts : singen – sang, sitzen – saß, sehen – sah, ertrinken – ertrank, verschlingen – verschlang. Par exemple : Die Frau saß auf dem Felsen und sang ein Lied.
La Loreley ressemble aux sirènes de l’Odyssée : sa voix attire les marins vers leur perte. Pourtant, elle a un trait très romantique. En effet, elle mêle la beauté, le danger et la nature. Le Rhin, la nuit qui tombe et la musique créent une atmosphère de rêve inquiétant.
Beispiel
Der Schiffer hörte das Lied, als er am Felsen vorbeifuhr. Er schaute nur nach oben, deshalb sah er die Riffe nicht. (Le batelier entendit le chant quand il passa devant le rocher. Il ne regardait que vers le haut, c’est pourquoi il ne vit pas les récifs.)
Achtung !
On écrit le nom de deux façons : Loreley (le rocher, l’orthographe la plus courante) et Lorelei (le titre choisi par Heine). Le nom est féminin quand il désigne la jeune femme : die Loreley. Attention aussi à der Felsen : il est masculin, et son pluriel reste die Felsen. La prononciation est simple : Loreley [lo-re-laï].
Réécritures modernes : une légende sans cesse revisitée
Chaque époque relit la Loreley à sa manière. Sous le régime nazi, le poème est si populaire qu’on ne peut pas l’interdire. Pourtant, Heine était juif. Certains recueils de chants l’impriment alors avec la mention « auteur inconnu ». Ce détail montre comment une dictature tente d’effacer un écrivain sans pouvoir effacer son œuvre.
Au XXe siècle, les écrivains jouent avec le mythe. En 1932, Erich Kästner écrit un poème drôle : un jeune homme fait le poirier au sommet du rocher, puis il tombe. La Loreley n’est plus une sirène, mais un lieu touristique où l’on se met en scène. Ensuite, la chanson, la bande dessinée et la publicité s’emparent à leur tour de la figure.
Enfin, le lieu lui-même vit de sa légende. Depuis 1983, une statue de la Loreley se dresse au bout de la jetée, au pied du rocher. Sur le plateau, une grande scène en plein air accueille des concerts. Depuis 2002, la vallée du Rhin moyen est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Dialog
Emma : Schau mal, da oben ist die Loreley!
Jonas : Ehrlich? Das ist doch nur ein Felsen.
Emma : Ja, aber man erzählt seit 200 Jahren eine Geschichte über ihn. Ich finde, dass das den Ort magisch macht.
Jonas : Na gut. Aber ich schaue lieber auf das Wasser als auf den Felsen!
Exprimer ton avis sur une réécriture
Au lycée, on te demande souvent de comparer deux versions d’un mythe. Pour cela, quelques tournures suffisent. Par exemple : Meiner Meinung nach ist Heines Version trauriger. Ou encore : Einerseits ist die Loreley gefährlich, andererseits ist sie selbst ein Opfer. N’oublie pas que dass envoie le verbe conjugué à la fin : Ich finde, dass die Legende modern bleibt.
À retenir
- La Loreley est un rocher réel du Rhin moyen, dans un passage étroit et dangereux.
- La légende naît en 1801 avec Brentano ; Heine la rend célèbre en 1824 avec Die Lorelei.
- La jeune femme qui chante et se peigne attire les bateliers vers les récifs, comme une sirène.
- Pour raconter le mythe, on emploie le prétérit : sie sang, er sah, er ertrank.
- Les réécritures (Kästner, statue, concerts, chansons) montrent qu’un mythe se transforme sans cesse.
Pour aller plus loin
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