
Dans ce cours d’allemand de 2de, vous découvrez Faust, le savant qui vend son âme au diable pour tout connaître. D’abord, vous suivez la naissance de la légende au XVIe siècle. Ensuite, vous lisez le début de la pièce de Goethe et vous comprenez le pacte avec Méphisto. Enfin, vous voyez comment l’opéra et le cinéma ont repris ce mythe.
Faust en cours d’allemand de 2de : d’un homme réel à une légende
Faust a vraiment existé. Au début du XVIe siècle, un certain Johann Georg Faust parcourt le sud-ouest de l’Allemagne. Il se présente comme astrologue, médecin et magicien. Il serait né vers 1480 et mort vers 1540. Ses contemporains le prennent souvent pour un charlatan. Pourtant, après sa mort, une rumeur se répand : le diable serait venu chercher son âme. En allemand, on peut dire : Die Leute erzählten, dass der Teufel ihn geholt hatte.
En 1587, un imprimeur de Francfort-sur-le-Main publie un livre populaire, l’Historia von D. Johann Fausten. On l’appelle simplement das Volksbuch. Ce récit raconte qu’un savant signe un pacte avec le diable pour vingt-quatre ans. Pendant ce temps, il obtient le savoir, le plaisir et le pouvoir. Ensuite, il doit payer de sa vie. Le livre connaît un grand succès et passe vite les frontières. Ainsi, vers 1592, l’Anglais Christopher Marlowe en tire une pièce de théâtre.
Définition
Un mythe (der Mythos) est une histoire qui traverse les époques. Chaque époque la raconte autrement, car elle y projette ses propres questions. Le mythe de Faust en pose une, très simple : jusqu’où peut-on aller pour tout savoir et pour profiter de la vie ? En allemand, le sujet d’une œuvre se dit der Stoff : der Faust-Stoff.
Le Faust de Goethe : un savant insatisfait
Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832) découvre la légende dans son enfance, grâce aux spectacles de marionnettes. Il travaille ensuite sur son Faust pendant près de soixante ans. La première partie paraît en 1808. La seconde paraît en 1832, l’année de sa mort. Goethe donne à son œuvre un sous-titre clair : Eine Tragödie.
Au début de la pièce, le docteur Heinrich Faust est seul, la nuit, dans son cabinet de travail. Il a tout étudié, mais il se sent vide. Voici ses premiers mots, en vers :
Habe nun, ach! Philosophie, / Juristerei und Medizin, / Und leider auch Theologie / Durchaus studiert, mit heißem Bemühn. / Da steh ich nun, ich armer Tor! / Und bin so klug als wie zuvor;
Johann Wolfgang von Goethe, Faust I, scène « Nuit » (1808), extrait du domaine public.
En français, cela donne à peu près : « J’ai donc étudié à fond, hélas, la philosophie, le droit, la médecine et même, malheureusement, la théologie, avec un effort ardent. Et me voici, pauvre fou, pas plus savant qu’avant. » Faust voudrait comprendre was die Welt im Innersten zusammenhält, c’est-à-dire ce qui tient le monde ensemble au plus profond de lui. Or les livres ne lui donnent pas cette réponse. Il est donc déchiré entre le ciel et la terre : Zwei Seelen wohnen, ach! in meiner Brust.
Achtung !
Ne confondez pas der Tor (le fou, le naïf), mot vieilli que l’on lit chez Goethe, et das Tor (le portail, le but au football). De même, die Faust est un nom commun qui signifie « le poing ». Le personnage, lui, s’appelle simplement Faust, sans article.
Le pacte avec Méphisto : un pari dangereux
Tout commence au ciel, dans le prologue. Le Seigneur, der Herr, et le diable Méphisto font un pari. Méphisto pense qu’il peut détourner Faust du droit chemin. Le Seigneur le laisse essayer. Le diable se présente alors chez Faust, d’abord sous la forme d’un caniche noir, ein schwarzer Pudel. Quand l’animal se transforme, Faust s’écrie : „Das also war des Pudels Kern!“ Aujourd’hui encore, des Pudels Kern signifie « le fin mot de l’histoire ».
Ensuite, les deux personnages concluent un marché. Sur terre, Méphisto servira Faust et lui fera goûter tous les plaisirs. Dans l’au-delà, en revanche, Faust devra le servir à son tour. Faust ajoute une condition : il perdra le jour où il dira à un instant de bonheur « Attarde-toi, tu es si beau ! ». Le contrat est signé avec une goutte de sang.
Lisez maintenant ce résumé écrit pour vous en allemand simple.
Heinrich Faust ist ein berühmter Gelehrter, aber er ist unglücklich. Er weiß, dass er die Welt nicht wirklich versteht. Eines Abends erscheint ihm Mephisto, ein Teufel. Er bietet Faust einen Pakt an: Auf der Erde wird Mephisto sein Diener sein und ihm alle Freuden des Lebens zeigen. Wenn Faust aber zu einem Augenblick sagt: ‚Verweile doch! Du bist so schön!‘, dann gehört seine Seele dem Teufel. Faust unterschreibt mit seinem Blut. Bald verliebt er sich in Gretchen, ein junges Mädchen aus der Stadt. Diese Liebe endet tragisch.
Texte original écrit pour allemand-pdf.fr.
Questions de compréhension
- Pourquoi Faust est-il malheureux au début du texte ?
- Sous quelle forme Méphisto apparaît-il dans la pièce de Goethe ?
- Que promet Méphisto à Faust sur la terre ?
- Dans quel cas Faust perd-il son âme ? Citez la phrase allemande.
- Avec quoi Faust signe-t-il le pacte ?
Règle
Pour exprimer une condition, on emploie wenn. Le verbe conjugué se place à la fin de la subordonnée. Si la subordonnée vient en premier, la principale commence par son verbe : Wenn Faust zufrieden ist, verliert er die Wette. On peut aussi reprendre la condition par dann : Wenn Faust zufrieden ist, dann gehört seine Seele dem Teufel.
Beispiel
Mephisto hilft Faust, wenn er etwas wünscht. Méphisto aide Faust quand il désire quelque chose.
Wenn Faust Gretchen sieht, verliebt er sich sofort. Quand Faust voit Gretchen, il tombe aussitôt amoureux.
Sagt Faust „Verweile doch!“, dann hat Mephisto gewonnen. Ici, la condition est sans wenn : le verbe vient en tête. C’est un tour plus littéraire.
Gretchen, puis Faust au théâtre, à l’opéra et au cinéma
La tragédie de Gretchen
D’abord, Méphisto emmène Faust chez une sorcière, qui le rajeunit. Ensuite, dans la rue, Faust rencontre Gretchen, de son vrai nom Margarete. Il tombe amoureux, et elle aussi. Un jour, elle lui pose une question directe sur sa foi : „Nun sag, wie hast du’s mit der Religion?“ Depuis, die Gretchenfrage désigne une question décisive et gênante. Hélas, cette histoire d’amour tourne au drame : la mère de Gretchen meurt, puis son frère Valentin est tué par Faust. Gretchen tue ensuite son enfant nouveau-né et finit en prison. Elle refuse pourtant de fuir avec Faust. À la fin, une voix venue du ciel annonce qu’elle est sauvée.
Un mythe sans cesse réécrit
Après Goethe, Faust devient une figure européenne. En France, Hector Berlioz compose La Damnation de Faust en 1846. Puis, en 1859, Charles Gounod crée à Paris un opéra intitulé Faust. En 1926, le réalisateur allemand Friedrich Wilhelm Murnau en fait un grand film muet, ein Stummfilm. Enfin, en 1947, Thomas Mann publie Doktor Faustus, un roman sur un musicien prêt à tout pour créer. Chaque œuvre transforme le pacte : tantôt il parle de science, tantôt d’art, tantôt de pouvoir.
Le mythe vit aussi dans la langue. L’adjectif faustisch qualifie une soif de savoir sans limite. Par ailleurs, on parle d’un « pacte faustien » quand quelqu’un sacrifie ses valeurs pour réussir. En allemand, on dit : einen Pakt mit dem Teufel schließen.
Vocabulaire et expression écrite
Wortschatz
| Deutsch | Français |
|---|---|
| der Gelehrte, -n | le savant |
| das Wissen | le savoir |
| die Wissenschaft, -en | la science |
| der Teufel, – | le diable |
| die Seele, -n | l’âme |
| der Pakt, -e | le pacte |
| die Wette, -n | le pari |
| wetten | parier |
| unterschreiben (unterschrieb, unterschrieben) | signer |
| das Blut | le sang |
| der Augenblick, -e | l’instant |
| verweilen | s’attarder |
| die Sehnsucht | le désir ardent |
| verführen | séduire |
| die Schuld | la faute, la culpabilité |
| die Erlösung | le salut, la délivrance |
| der Engel, – | l’ange |
| die Hexe, -n | la sorcière |
| der Stoff, -e | le sujet d’une œuvre |
| die Tragödie, -n | la tragédie |
| die Bearbeitung, -en | l’adaptation |
| der Stummfilm, -e | le film muet |
| das Volksbuch, ¨-er | le livre populaire |
| die Gier | l’avidité |
Pour parler du mythe, quelques tournures sont très utiles. Par exemple : Faust will alles wissen. Ou encore : Er verkauft seine Seele, weil er unzufrieden ist. Pour donner votre avis, employez Meiner Meinung nach suivi du verbe : Meiner Meinung nach ist Faust egoistisch.
Méthode
- Sujet d’expression écrite : Faust vit aujourd’hui. Quel pacte signerait-il ? Que demanderait-il à Méphisto ?
- Rédiger en allemand un texte de 100 à 120 mots.
- Employer au moins deux subordonnées avec wenn et une avec weil.
- Terminer par votre avis : ce pacte est-il une bonne idée ?
À retenir
- Le vrai Faust est mort vers 1540 ; le Volksbuch de 1587 lance la légende.
- Goethe publie Faust I en 1808 et Faust II en 1832.
- Faust conclut avec Méphisto un pacte et un pari, signés avec son sang.
- Gretchen est la victime principale de ce pacte.
- Dans la subordonnée en wenn, le verbe conjugué va à la fin.
- Le mythe est repris à l’opéra (Berlioz, Gounod) et au cinéma (Murnau).
Pour aller plus loin
Entraînez-vous maintenant avec les exercices sur Faust, puis vérifiez vos connaissances avec le QCM sur le mythe de Faust. Pour rester dans les légendes allemandes, découvrez aussi la légende de la Loreley et la forêt mythique, des Grimm à Dark. Enfin, révisez les verbes forts avec le cours sur le subjonctif II des verbes forts.

