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L’art sous les dictatures : propagande et censure : cours d’allemand 1ère

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L’art sous les dictatures : cours d’allemand 1re, illustration Allemand PDF
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Ce cours d’allemand de 1ère étudie la censure artistique sous les deux dictatures qu’a connues l’Allemagne au XXe siècle. D’abord, vous découvrez l’autodafé du 10 mai 1933 et l’exposition « Entartete Kunst » de 1937. Ensuite, vous voyez comment la RDA contrôlait les artistes, jusqu’à l’expatriation de Wolf Biermann en 1976.

La censure artistique sous le nazisme : ce qu’il faut savoir en 1ère

Le 30 janvier 1933, Hitler devient chancelier. Très vite, le régime veut contrôler toute la vie culturelle. En mars 1933, un ministère de la Propagande est créé pour Joseph Goebbels. Puis, en septembre 1933, la Chambre de la culture du Reich (die Reichskulturkammer) voit le jour. Désormais, un peintre, un musicien ou un écrivain doit en être membre pour travailler. Les artistes juifs et les opposants en sont exclus.

Définition

La mise au pas (die Gleichschaltung) désigne la prise de contrôle de toute la société par le parti nazi. Les journaux, les théâtres, les radios et les associations doivent suivre la ligne du régime.

L’autodafé du 10 mai 1933

Le soir du 10 mai 1933, des étudiants brûlent des milliers de livres sur l’Opernplatz de Berlin, l’actuelle Bebelplatz. Le même jour, des scènes semblables ont lieu dans de nombreuses villes universitaires. À Berlin, Goebbels prononce un discours devant le feu. Les flammes détruisent par exemple des œuvres de Heinrich Heine, de Karl Marx, de Sigmund Freud, d’Erich Maria Remarque, de Kurt Tucholsky et d’Erich Kästner. Kästner assiste d’ailleurs lui-même à la scène, dans la foule.

Livre bleu marqué VERBOTEN, barré de deux chaînes et fermé par un cadenas jaune, avec les étiquettes « 10. Mai 1933 : Bücherverbrennung » et « DDR : Druckgenehmigung »
Le livre enchaîné, symbole de la censure sous les deux dictatures

Am Abend des 10. Mai 1933 versammelten sich Studenten auf dem Berliner Opernplatz. Sie trugen Fackeln und warfen Tausende von Büchern ins Feuer. Die Werke jüdischer, linker und pazifistischer Autoren galten als „undeutsch“. Auch in anderen Universitätsstädten wurden an diesem Tag Bücher verbrannt. Viele Schriftsteller verloren ihre Leser, einige mussten ihr Land verlassen. Heute erinnert auf dem Bebelplatz ein Denkmal an diese Nacht: Unter einer Glasplatte im Boden sieht man leere Bücherregale.

Texte écrit pour ce cours.

Ce texte emploie le prétérit, le temps du récit écrit. Par exemple, versammelten sich, trugen et warfen racontent des actions passées. On y trouve aussi un passif : Bücher wurden verbrannt. Le monument évoqué date de 1995 : sa bibliothèque vide rappelle les livres disparus.

Propagande et « art dégénéré » : l’exposition de 1937

Le régime nazi impose un art officiel. Il montre des paysans, des soldats, des familles nombreuses et des corps héroïques. En revanche, l’art moderne est rejeté : expressionnisme, abstraction, Dada ou Bauhaus. L’école du Bauhaus ferme d’ailleurs dès 1933.

Le 18 juillet 1937, la « Grande exposition d’art allemand » ouvre à Munich, dans la Maison de l’art allemand (das Haus der Deutschen Kunst). Le lendemain, tout près, s’ouvre l’exposition „Entartete Kunst“. On y voit des œuvres d’Ernst Ludwig Kirchner, d’Emil Nolde, d’Otto Dix, de Max Beckmann, de Paul Klee, de Franz Marc ou de Wassily Kandinsky. Les tableaux sont accrochés serrés, sans ordre, entourés de slogans moqueurs. Le public doit rire de cet art et le mépriser. Plus de deux millions de visiteurs viennent la voir à Munich.

En parallèle, des milliers d’œuvres sont confisquées dans les musées allemands. Certaines sont vendues à l’étranger, d’autres sont détruites. Beaucoup d’artistes perdent leur poste, n’ont plus le droit d’exposer ou partent en exil.

Achtung !

L’adjectif entartet signifie « dégénéré ». C’est un mot de propagande, qui assimile l’art moderne à une maladie. Il faut donc toujours le citer entre guillemets : die sogenannte „entartete Kunst“, c’est-à-dire « le prétendu art dégénéré ».

Règle

Pour raconter ce que le régime a fait subir aux œuvres, on emploie souvent le passif au prétérit : wurde / wurden + participe II en fin de proposition. L’agent est introduit par von + datif.

  • Die Bilder wurden beschlagnahmt. – Les tableaux furent confisqués.
  • Die Ausstellung wurde von Millionen Menschen besucht. – L’exposition fut visitée par des millions de personnes.
  • Das Bauhaus wurde 1933 geschlossen. – Le Bauhaus fut fermé en 1933.

La censure en RDA : un art au service du parti

Après 1945, l’Allemagne est divisée. La RDA est fondée le 7 octobre 1949 et le SED, le parti communiste, y détient le pouvoir. Ensuite, le régime réclame un « réalisme socialiste » : l’art doit être clair, optimiste et utile à la construction du socialisme. Ainsi, pour publier un livre, il faut une autorisation d’impression (die Druckgenehmigung). De plus, la police politique, la Stasi, surveille de nombreux artistes grâce à des informateurs.

En décembre 1965, le XIe plénum du comité central du SED marque un tournant. De nombreux films sont interdits et plusieurs écrivains sont critiqués publiquement. Beaucoup d’auteurs pratiquent alors l’autocensure, ce qu’on appelle en allemand die Schere im Kopf, « les ciseaux dans la tête ». D’autres écrivent entre les lignes : Sie schrieben zwischen den Zeilen.

L’expatriation de Wolf Biermann (1976)

Wolf Biermann est un auteur-compositeur-interprète (ein Liedermacher) né à Hambourg en 1936. Convaincu par le socialisme, il s’installe en RDA en 1953. Cependant, ses chansons critiquent de plus en plus le régime. Dès 1965, il n’a donc plus le droit de se produire ni de publier en RDA.

En novembre 1976, le régime l’autorise à faire une tournée en Allemagne de l’Ouest. Après un concert à Cologne, le 13 novembre, le SED le déchoit de sa nationalité et lui interdit de revenir. Aussitôt, plusieurs écrivains connus de RDA, dont Christa Wolf et Stefan Heym, signent une lettre de protestation. Dans les années suivantes, de nombreux artistes quittent la RDA à leur tour.

Beispiel

Wolf Biermann wurde 1976 ausgebürgert, weil seine Lieder die SED kritisierten. – Wolf Biermann fut déchu de sa nationalité en 1976 parce que ses chansons critiquaient le SED.

Frise chronologique de 1933 à 1976 : ministère de la Propagande, autodafé, exposition « Entartete Kunst », fondation de la RDA, XIe plénum et expatriation de Biermann
Six dates clés de l’art sous les deux dictatures allemandes

Le vocabulaire de l’art et du pouvoir

Voici les mots essentiels pour parler de la propagande et de la censure. Apprenez-les avec leur article et, pour les verbes forts, avec leurs temps primitifs.

Wortschatz

Deutsch Français
die Diktatur, -en la dictature
die Propaganda la propagande
die Zensur la censure
zensieren censurer
die Selbstzensur l’autocensure
die Bücherverbrennung, -en l’autodafé
verbrennen, verbrannte, verbrannt brûler
verbieten, verbot, verboten interdire
das Verbot, -e l’interdiction
das Berufsverbot, -e l’interdiction d’exercer
beschlagnahmen confisquer, saisir
die Ausstellung, -en l’exposition
der Künstler, – / die Künstlerin, -nen l’artiste
das Werk, -e l’œuvre
der Schriftsteller, – l’écrivain
der Liedermacher, – l’auteur-compositeur-interprète
die Meinungsfreiheit la liberté d’opinion
die Kunstfreiheit la liberté artistique
überwachen surveiller
die Überwachung la surveillance
der Spitzel, – le mouchard, l’informateur
verfolgen persécuter
die Verfolgung, -en la persécution
ausbürgern déchoir de sa nationalité
die Ausbürgerung, -en la déchéance de nationalité
sich anpassen se conformer
der Widerstand la résistance
die Macht, Mächte le pouvoir

Exprimer un jugement sur l’art et le pouvoir

À l’écrit comme à l’oral, on vous demande souvent votre avis. D’abord, présentez un fait. Ensuite, donnez votre jugement. Enfin, justifiez-le avec une subordonnée. Ces tournures vous aideront :

  • Meiner Meinung nach braucht Kunst Freiheit. – À mon avis, l’art a besoin de liberté.
  • Ich finde es erschreckend, dass man Bücher verbrannt hat. – Je trouve effrayant qu’on ait brûlé des livres.
  • Diktaturen haben Angst vor Kunst, weil sie Fragen stellt. – Les dictatures ont peur de l’art parce qu’il pose des questions.
  • Es ist wichtig, dass wir uns an diese Zeit erinnern. – Il est important que nous nous souvenions de cette époque.

Règle

Après dass, weil ou obwohl, le verbe conjugué se place à la fin et une virgule sépare les deux propositions : Viele Künstler schwiegen, weil sie Angst hatten.

À retenir

  • Le 10 mai 1933, des étudiants brûlent des livres à Berlin et dans d’autres villes universitaires.
  • En 1937, l’exposition „Entartete Kunst“ ridiculise l’art moderne à Munich.
  • En RDA, l’art doit servir le parti : autorisation d’impression, Stasi et autocensure.
  • En 1976, Wolf Biermann est déchu de sa nationalité après un concert à Cologne.
  • Pour raconter, on utilise le prétérit et le passif : Die Bücher wurden verbrannt.

Pour aller plus loin

Entraînez-vous d’abord avec les exercices sur l’art sous les dictatures, puis vérifiez vos connaissances avec le QCM sur la censure artistique. Ensuite, découvrez le destin de ceux qui sont partis dans le cours sur les artistes en exil sous le IIIe Reich. Enfin, voyez comment le rire résiste au pouvoir avec le cours sur le Kabarett et la satire.

Cours « L’art sous les dictatures  » en PDF

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