
Dans ce cours d’allemand de Terminale, vous étudiez les réseaux sociaux comme lieu d’engagement citoyen. D’abord, vous découvrez le militantisme par hashtag, puis la place des réseaux dans la vie politique. Ensuite, vous analysez la loi NetzDG de 2017 et le débat sur les discours de haine. Enfin, vous apprenez à argumenter avec um … zu, ohne … zu et statt … zu, dans le cadre de l’axe « Citoyenneté et mondes virtuels ».
Découvrir les réseaux sociaux en allemand de Terminale
Lisez d’abord ce billet de blog. Une lycéenne raconte comment une simple vidéo a rempli la place de sa ville. Mais elle raconte aussi le revers de la médaille.
Am Freitagmorgen bin ich nicht in die Schule gegangen. Stattdessen stand ich mit zweitausend anderen Jugendlichen vor dem Rathaus. Alles hatte drei Wochen vorher mit einem kurzen Video angefangen. Meine Freundin Mira hatte es gepostet, um auf den Klimastreik aufmerksam zu machen. Innerhalb von zwei Tagen wurde es zehntausendmal geteilt. Plötzlich wollten alle mitmachen. Aber unter dem Video standen nicht nur Herzen. Manche Kommentare waren so gemein, dass Mira eine Woche lang kaum schlafen konnte. Ein Unbekannter schrieb sogar, er wisse, wo sie wohne. Wir haben den Kommentar gemeldet, und die Plattform hat ihn nach einem Tag gelöscht. Trotzdem frage ich mich: Ist das Netz ein Ort für Demokratie oder für Hass? Ich glaube, es ist beides. Deshalb dürfen wir es nicht den Hetzern überlassen.
Billet de blog imaginé pour ce cours
Repérez d’abord la structure du texte. La première partie raconte un succès : une vidéo partagée zehntausendmal mobilise toute une ville. Ensuite, le connecteur aber annonce le revers : les commentaires haineux et même une menace. Observez la forme er wisse, wo sie wohne : c’est le subjonctif I du discours indirect. Enfin, la narratrice conclut par une prise de position. Le problème du chapitre est donc posé : les réseaux sociaux renforcent-ils la démocratie ou la menacent-ils ?
Comprendre le Hashtagaktivismus
Définition
Der Hashtagaktivismus [hèch-tag-ak-ti-vis-mous] désigne une forme d’engagement qui passe par un mot-clé précédé du signe #. Un message court, repris par des milliers de personnes, attire l’attention sur un problème de société.
En Allemagne, un exemple marquant date de janvier 2013. Sous le hashtag #aufschrei, « le cri », des milliers de femmes racontent le sexisme qu’elles subissent au quotidien. Ensuite, le débat quitte les écrans : les journaux et la télévision s’en emparent. Ainsi, un simple mot-clé lance une discussion nationale.
Un autre exemple concerne le climat. En 2019, le mouvement Fridays for Future réunit chaque vendredi des lycéens en grève pour le climat. Les rendez-vous s’organisent surtout en ligne. Pourtant, l’action se déroule dans la rue. Le réseau social sert donc de porte-voix, mais l’engagement reste bien réel.
Cependant, ce militantisme a ses critiques. Selon eux, il est trop facile d’aimer un message sans rien faire ensuite. On résume parfois cette idée ainsi : Ein Like ist noch kein Engagement. À l’oral, vous pouvez nuancer : le clic n’est pas un engagement complet, mais il peut en être le premier pas.
Les réseaux, arène politique
Aujourd’hui, les partis et les responsables politiques publient chaque jour sur les réseaux. Ils veulent atteindre directement les électeurs, surtout les jeunes. Par exemple, une courte vidéo peut toucher plus de monde qu’un discours au Bundestag. On parle alors de die Reichweite, la portée d’un message.
Toutefois, ce débat en ligne pose des problèmes. D’abord, les algorithmes, die Algorithmen, montrent surtout ce qui nous plaît déjà. Chacun risque donc de s’enfermer dans die Filterblase, la bulle de filtres. Ensuite, les messages les plus choquants circulent souvent le plus vite. Enfin, la colère remplace parfois l’argument. Le citoyen doit donc apprendre à débattre en ligne avec calme et esprit critique.
Beispiel
In der Filterblase liest man nur Meinungen, die der eigenen ähneln. – Dans la bulle de filtres, on ne lit que des opinions qui ressemblent à la sienne.
La loi NetzDG de 2017
Face à la multiplication des messages haineux, le Bundestag adopte en 2017 une loi célèbre : das Netzwerkdurchsetzungsgesetz, abrégé en NetzDG. Ce mot composé est très long. Découpez-le pour le comprendre : das Netzwerk (le réseau), die Durchsetzung (l’application), das Gesetz (la loi). C’est donc la loi qui fait appliquer le droit sur les réseaux.
Règle
Le NetzDG vise les grands réseaux sociaux qui comptent plus de deux millions d’utilisateurs en Allemagne. Ils doivent offrir un moyen simple de signaler un contenu. Un contenu manifestement illégal, offensichtlich rechtswidrig, doit être supprimé dans les 24 heures. Pour les cas plus difficiles, la décision intervient en règle générale dans les sept jours. En cas de manquements graves et répétés, l’amende peut atteindre 50 millions d’euros.
Dès son adoption, la loi suscite un vif débat. D’un côté, ses défenseurs rappellent que la haine en ligne blesse de vraies personnes. De l’autre, ses critiques redoutent das Overblocking : par peur de l’amende, les plateformes pourraient supprimer trop de messages. Or la liberté d’expression, die Meinungsfreiheit, est garantie par l’article 5 de la Loi fondamentale. Le débat oppose donc deux valeurs : la protection des personnes et la liberté de parole. Depuis 2024, le règlement européen sur les services numériques prend largement le relais de cette loi allemande.
Discours de haine et modération
Sur les réseaux, il faut distinguer plusieurs types de messages. Une critique, même dure, relève de la liberté d’expression. En revanche, une insulte, die Beleidigung, ou une menace, die Drohung, peuvent être punies par la loi. Entre les deux, les modérateurs, die Moderatoren, doivent souvent trancher.
Face à la haine, les utilisateurs ne sont pas impuissants. D’abord, ils peuvent signaler un message : einen Kommentar melden. Ensuite, ils peuvent pratiquer die Gegenrede, le contre-discours. Il s’agit de répondre calmement, avec des arguments, pour montrer que la haine ne représente pas la majorité. Enfin, ils peuvent soutenir publiquement la personne attaquée.
Wortschatz
| Deutsch | Français |
|---|---|
| das soziale Netzwerk, -e | le réseau social |
| der Nutzer, – / die Nutzerin, -nen | l’utilisateur, l’utilisatrice |
| der Beitrag, die Beiträge | la publication |
| posten | publier |
| teilen | partager |
| liken | aimer (un contenu) |
| der Kommentar, -e | le commentaire |
| der Hasskommentar, -e | le commentaire haineux |
| die Hassrede | le discours de haine |
| beleidigen | insulter |
| bedrohen | menacer |
| melden | signaler |
| löschen | supprimer |
| sperren | bloquer |
| die Meinungsfreiheit | la liberté d’expression |
| die Zensur | la censure |
| das Gesetz, -e | la loi |
| rechtswidrig | illégal |
| der Algorithmus, die Algorithmen | l’algorithme |
| die Filterblase, -n | la bulle de filtres |
| die Reichweite | la portée, l’audience |
| die Gegenrede | le contre-discours |
| sich engagieren für (+ Akk.) | s’engager pour |
| auf etwas (Akk.) aufmerksam machen | attirer l’attention sur quelque chose |
| die Demonstration, -en | la manifestation |
Achtung !
Ne confondez pas löschen (supprimer un contenu) et sperren (bloquer un compte). Par ailleurs, melden signifie « signaler », et non « mélanger ». Attention aussi au genre : on dit der Kommentar et das Netzwerk. Enfin, sich engagieren est pronominal : Ich engagiere mich für den Klimaschutz.
Argumenter avec um … zu, ohne … zu et statt … zu
Pour parler d’engagement, il faut exprimer un but, une absence ou une alternative. Les groupes infinitifs sont parfaits pour cela. Ils rendent vos phrases plus riches et plus naturelles.
Règle
- um … zu + infinitif exprime le but (« pour ») quand le sujet est le même dans les deux parties de la phrase.
- damit + verbe conjugué à la fin s’emploie quand les sujets sont différents.
- ohne … zu signifie « sans » et statt … zu (ou anstatt … zu) signifie « au lieu de ».
- zu se place juste devant l’infinitif, à la fin. Avec un verbe à particule, il s’insère entre la particule et le verbe : mitzumachen, aufzupassen.
Beispiel
- Mira postet ein Video, um auf den Klimastreik aufmerksam zu machen.
- Wir melden den Kommentar, damit die Plattform ihn löscht.
- Viele Nutzer teilen Nachrichten, ohne sie zu prüfen.
- Statt nur zu liken, sollte man selbst aktiv werden.
- Viele Schüler haben beschlossen mitzumachen.
Remarquez la virgule : en allemand, elle sépare toujours le groupe introduit par um, ohne ou statt du reste de la phrase. En revanche, après un verbe comme beschließen, la virgule devant un simple groupe infinitif reste facultative.
À retenir
- Le Hashtagaktivismus mobilise en ligne, comme #aufschrei en 2013 ou les grèves pour le climat en 2019.
- Les réseaux sont une arène politique, mais les algorithmes enferment parfois dans une bulle de filtres.
- Le NetzDG de 2017 oblige les grands réseaux à supprimer en 24 heures les contenus manifestement illégaux.
- Le débat oppose la lutte contre la haine et la liberté d’expression.
- um … zu (même sujet), damit (sujets différents), ohne … zu et statt … zu servent à argumenter.
Pour aller plus loin
Entraînez-vous maintenant avec les exercices sur les réseaux sociaux et l’engagement, puis vérifiez vos connaissances grâce au QCM sur les réseaux sociaux. Pour prolonger le thème, lisez aussi le cours sur les infox, les médias et l’IA. Enfin, la question de la vie privée en ligne est traitée dans le cours sur le Datenschutz.

