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Dans ce cours d’allemand de 2de, tu découvres l’Aufarbeitung, c’est-à-dire le travail par lequel l’Allemagne affronte les crimes du nazisme. D’abord, tu suis les grandes étapes, des procès de Nuremberg au mémorial de Berlin. Ensuite, tu apprends le vocabulaire de la mémoire et le passif pour en parler avec précision.
Die Aufarbeitung : un mot central du cours d’allemand en 2de
Le nom die Aufarbeitung der Vergangenheit signifie « le travail sur le passé ». Le verbe aufarbeiten veut dire « examiner à fond, traiter jusqu’au bout ». On entend aussi die Vergangenheitsbewältigung, littéralement « la maîtrise du passé ». Ces deux mots désignent la même idée : regarder en face la dictature nazie et la Shoah, juger les coupables, reconnaître la responsabilité du pays et transmettre la mémoire.
Entre 1933 et 1945, le régime nazi a persécuté et assassiné des millions de personnes. Environ six millions de Juifs d’Europe ont été tués : c’est la Shoah, en allemand der Holocaust ou die Schoah. Les Roms et les Sintis, les personnes handicapées, les opposants politiques et beaucoup d’autres ont aussi été victimes. Après 1945, l’Allemagne doit donc répondre à une question immense : comment vivre avec ce passé ?
Définition
Die Erinnerungskultur (la culture de la mémoire) regroupe tout ce qu’une société fait pour se souvenir : des monuments, des journées de commémoration, des musées, des cours d’histoire. En Allemagne, elle place les victimes au centre et répète un message clair : Nie wieder! (Plus jamais ça !)
Juger les coupables : de Nuremberg à Francfort
Les procès de Nuremberg (1945-1946)
Juste après la guerre, les Alliés organisent un tribunal militaire international à Nuremberg. Les principaux dirigeants nazis encore vivants y sont jugés pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Douze d’entre eux sont condamnés à mort. Ce procès est historique : pour la première fois, des responsables d’un État doivent répondre personnellement de leurs crimes.
Le procès d’Auschwitz à Francfort (1963-1965)
Cependant, dans les années 1950, beaucoup d’Allemands préfèrent se taire. De nombreux anciens nazis retrouvent même des postes importants. Le procureur Fritz Bauer refuse ce silence. Grâce à lui, d’anciens membres du personnel du camp d’Auschwitz sont jugés à Francfort, cette fois par un tribunal allemand. Des centaines de témoins racontent l’horreur. La société allemande ne peut plus dire : « Nous ne savions pas. »
Règle
Pour parler des procès, on utilise souvent le passif au prétérit : werden au prétérit (wurde, wurden) + participe II à la fin de la phrase. Par exemple : Die Angeklagten wurden in Nürnberg verurteilt. Le complément d’agent se construit avec von + datif : Der Prozess wurde von Fritz Bauer vorbereitet.
Reconnaître la responsabilité : des gestes et des mots
La justice ne suffit pas. Il faut aussi que les responsables politiques reconnaissent la faute du pays. Deux moments sont restés célèbres.
D’abord, le 7 décembre 1970, le chancelier Willy Brandt se rend à Varsovie. Devant le monument aux héros du ghetto, il tombe à genoux, en silence. Ce geste, der Kniefall von Warschau, fait le tour du monde. Ensuite, le 8 mai 1985, le président Richard von Weizsäcker prononce un discours au Bundestag. Il explique que le 8 mai 1945 a été un jour de libération, aussi pour les Allemands : Der 8. Mai war ein Tag der Befreiung.
Achtung !
Le verbe gedenken (commémorer, honorer la mémoire de) se construit avec le génitif : Wir gedenken der Opfer. En revanche, sich erinnern demande an + accusatif : Wir erinnern uns an die Opfer. Ne mélange pas les deux constructions. Attention aussi : die Schuld (la culpabilité) n’a pas de pluriel dans ce sens, alors que die Schulden au pluriel signifie « les dettes ».
Mémoriaux, Stolpersteine et éducation
Aujourd’hui, la mémoire est présente partout en Allemagne. À Berlin, près de la porte de Brandebourg, le Denkmal für die ermordeten Juden Europas a été inauguré en 2005. Il se compose de 2 711 stèles de béton grises. Le visiteur marche entre elles et ressent un malaise : il se sent seul et perdu. De plus, les anciens camps de concentration, comme Dachau ou Buchenwald, sont devenus des lieux de mémoire, die KZ-Gedenkstätten. Beaucoup de classes allemandes les visitent.
L’artiste Gunter Demnig a eu une autre idée. Depuis les années 1990, il pose dans les trottoirs de petits pavés de laiton, die Stolpersteine (littéralement « pierres sur lesquelles on trébuche »). Chacun porte le nom d’une victime devant la maison où elle vivait. On en compte aujourd’hui plus de 100 000 en Europe. Ainsi, la mémoire ne reste pas enfermée dans un musée : elle est sous les pieds des passants.
Wortschatz
| Deutsch | Français |
|---|---|
| die Vergangenheit | le passé |
| die Verantwortung | la responsabilité |
| die Schuld | la culpabilité, la faute |
| das Opfer, die Opfer | la victime, les victimes |
| der Täter, die Täter | le coupable, les coupables |
| der Prozess, die Prozesse | le procès |
| der Zeitzeuge, die Zeitzeugen | le témoin de l’époque |
| das Mahnmal, die Mahnmale | le mémorial (qui met en garde) |
| die Gedenkstätte | le lieu de mémoire |
| der Stolperstein | le pavé de mémoire |
| verurteilen | condamner |
| gedenken + Gen. | commémorer, honorer la mémoire de |
Le devoir de mémoire aujourd’hui
Depuis 1996, le 27 janvier est en Allemagne une journée de commémoration des victimes du nazisme. Cette date rappelle la libération du camp d’Auschwitz, en 1945. Le Bundestag organise chaque année une cérémonie.
Pourtant, la mémoire change. En effet, les derniers témoins, die Zeitzeugen, disparaissent. Les écoles cherchent donc de nouvelles méthodes : des témoignages filmés, des projets de recherche sur l’histoire du quartier, des voyages vers les lieux de mémoire. Enfin, la montée de l’antisémitisme et de l’extrême droite rappelle que ce travail n’est jamais terminé.
Unsere Klasse hat ein Projekt gemacht. Wir haben im Stadtarchiv nach den Namen der jüdischen Familien gesucht, die in unserer Straße gewohnt haben. Dann haben wir mit Gunter Demnigs Team Stolpersteine verlegt. Seitdem bleibe ich jeden Morgen kurz stehen, um die Namen zu lesen. Ich habe verstanden: Geschichte ist nicht weit weg, sie ist direkt vor meiner Haustür.
Témoignage fictif d’une lycéenne, écrit pour allemand-pdf.fr.
Règle
Pour exprimer un but, emploie um … zu + infinitif quand le sujet est le même : Wir besuchen die Gedenkstätte, um mehr zu lernen. Si les sujets sont différents, utilise damit : Man baut Mahnmale, damit niemand die Opfer vergisst.
À retenir
- Die Aufarbeitung der Vergangenheit = le travail de l’Allemagne sur les crimes nazis.
- Trois étapes : juger (Nuremberg 1945-1946, Auschwitz-Prozess 1963-1965), reconnaître (Brandt 1970, Weizsäcker 1985), se souvenir (27 janvier, mémorial de Berlin 2005, Stolpersteine).
- Le passif au prétérit : Die Täter wurden verurteilt.
- gedenken + génitif ; sich erinnern an + accusatif.
- Le but : um … zu (même sujet) ou damit (sujets différents).
Pour aller plus loin
Mets d’abord en pratique ce cours avec les exercices sur l’Aufarbeitung, puis teste-toi avec le QCM sur le travail de mémoire. Pour les bases, relis le cours de 3ème sur la mémoire de la Seconde Guerre mondiale et celui sur Sophie Scholl et la Rose blanche. Enfin, pour revoir la grammaire, consulte le chapitre sur le passif.

