
Dans ce cours d’allemand de 2de, tu apprends à former le subjonctif II des verbes forts : es gäbe, er käme, ich wüsste. Ces formes courtes servent à exprimer une hypothèse, un souhait ou une demande polie. Elles sont très vivantes, à l’oral comme à l’écrit.
Découvrir le subjonctif II des verbes forts en 2de
En 3ème, tu as surtout employé würde + infinitif, ainsi que wäre et hätte. En 2de, tu vas plus loin. En effet, une dizaine de verbes forts possèdent une forme simple très courante. Lis d’abord ce dialogue entre deux lycéens qui imaginent un monde sans école.
Dialog
Jonas : Was würdest du machen, wenn es keine Schule gäbe?
Mia : Ich ginge jeden Tag schwimmen. Und du?
Jonas : Ich bliebe bis zehn Uhr im Bett. Dann wäre ich bestimmt gut gelaunt.
Mia : Ehrlich gesagt, ich weiß nicht. Vielleicht fände ich das nach einer Woche langweilig.
Jonas : Dann hätten wir endlich Zeit für unsere Band!
Les formes gäbe, ginge, bliebe, wäre, fände, hätten ne décrivent pas la réalité. Elles décrivent une situation imaginée. En français, on les traduit par le conditionnel (« j’irais », « je resterais ») ou par l’imparfait après « si » (« s’il n’y avait pas »).
Comprendre la formation : prétérit, umlaut, terminaison
Règle
Pour former le subjonctif II d’un verbe fort, on part du radical du prétérit. Ensuite, on ajoute un umlaut si la voyelle est a, o ou u. Enfin, on ajoute les terminaisons -e, -est, -e, -en, -et, -en.
Prenons le verbe kommen. Son prétérit est kam. Le a devient ä, puis on ajoute -e : ich käme. De même, flog donne flöge et fuhr donne führe. En revanche, quand la voyelle est i ou ie, il n’y a pas d’umlaut : ging → ginge, blieb → bliebe, ließ → ließe.
Définition
Le subjonctif II (der Konjunktiv II) est le mode de l’irréel. Il présente une action comme imaginée, souhaitée ou seulement possible. Il correspond donc souvent au conditionnel français.
Les verbes mixtes et les auxiliaires suivent le même principe. Ainsi, wissen fait wusste → wüsste, haben fait hatte → hätte et werden fait wurde → würde. Le tableau suivant réunit les formes que tu rencontreras le plus souvent.
Wortschatz
| Sens | Infinitif | Prétérit | Subjonctif II |
|---|---|---|---|
| je serais | sein | war | wäre |
| j’aurais | haben | hatte | hätte |
| il y aurait | geben | gab | es gäbe |
| je viendrais | kommen | kam | käme |
| j’irais | gehen | ging | ginge |
| je saurais | wissen | wusste | wüsste |
| je resterais | bleiben | blieb | bliebe |
| je trouverais | finden | fand | fände |
| je serais couché | liegen | lag | läge |
| je laisserais | lassen | ließ | ließe |
| je ferais | tun | tat | täte |
Forme simple ou würde + infinitif ?
Règle
Dans la langue actuelle, on garde la forme simple pour wäre, hätte, les verbes de modalité et une dizaine de verbes forts très fréquents : gäbe, käme, ginge, wüsste, bliebe, fände, läge, ließe, täte. Pour les autres verbes, on emploie plutôt würde + infinitif.
Par exemple, ich führe ou sie schwämme sont corrects, mais ils sonnent très littéraires. On dit donc plutôt Ich würde gern nach Wien fahren. ou Sie würde gern im Meer schwimmen. À l’inverse, Ich würde gern reich sein. est lourd à l’écrit. On préfère Ich wäre gern reich.
Achtung !
Sans umlaut, certaines formes du pluriel ressemblent au prétérit : wir gingen, sie blieben. Si le contexte ne suffit pas, choisis würde + infinitif : Wir würden gern ins Kino gehen. Attention aussi à ne pas confondre würde (subjonctif II) et wurde (prétérit de werden).
Exprimer une hypothèse et un souhait
L’hypothèse avec wenn
Dans la subordonnée en wenn, le verbe conjugué va à la fin. Ensuite, la principale commence par le verbe, juste après la virgule. Par exemple : Wenn ich mehr Zeit hätte, käme ich öfter zu dir. On peut aussi supprimer wenn et placer le verbe en tête : Käme er heute, könnten wir zusammen kochen.
Le souhait et la politesse
Pour un souhait, on ajoute souvent doch ou nur : Wenn er doch käme! ou Käme er doch! Le verbe wünschen introduit aussi un souhait : Ich wünschte, es gäbe mehr Radwege. Enfin, le subjonctif II adoucit une demande : Ginge das auch morgen? ou Ich wüsste gern, wann der Zug fährt.
Beispiel
Ohne Wasser gäbe es kein Leben. (Sans eau, il n’y aurait pas de vie.)
An deiner Stelle ginge ich zum Arzt. (À ta place, j’irais chez le médecin.)
Wenn ich das Buch fände, wäre ich froh. (Si je trouvais le livre, je serais content.)
Pièges et prononciation
D’abord, prononce bien l’umlaut. Le ä se dit comme un « è » ouvert : käme [kè-me], gäbe [guè-be]. Le ü se dit comme le « u » français : wüsste [vuss-te]. Ensuite, n’oublie pas le -e final. En effet, ich käm est familier et à éviter à l’écrit.
Par ailleurs, respecte l’orthographe du prétérit. Ainsi, ließe garde le ß, car la voyelle est longue. Au contraire, wüsste garde ss, car la voyelle est brève. Enfin, à la 2e personne, on rencontre deux formes : du kämest ou, plus courant, du kämst ; ihr kämet ou ihr kämt.
À retenir
- Subjonctif II d’un verbe fort = radical du prétérit + umlaut (a, o, u) + -e, -est, -e, -en, -et, -en.
- Formes simples à connaître : wäre, hätte, gäbe, käme, ginge, wüsste, bliebe, fände, läge, ließe, täte.
- Pour les autres verbes : würde + infinitif.
- Hypothèse : Wenn es keine Schule gäbe, … ; souhait : Käme er doch!
- Ne confonds pas käme et kam, ni würde et wurde.
Pour aller plus loin
Entraîne-toi maintenant avec les exercices sur le subjonctif II des verbes forts, puis vérifie tes acquis avec le QCM du chapitre. Si les prétérits te posent problème, revois d’abord le cours sur les temps primitifs des verbes forts. Ensuite, découvre comment exprimer un regret avec le subjonctif II passé.

