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Dans ce cours d’allemand de Terminale, vous découvrez le Datenschutz, c’est-à-dire la protection des données personnelles. D’abord, vous remontez aux fichiers de la Stasi, puis au célèbre jugement de 1983 sur le recensement. Ensuite, vous étudiez le règlement européen de 2018 et le débat sur les smartphones. Enfin, vous apprenez à argumenter avec le passif, très utile pour ce thème de l’axe « Espace privé et espace public ».
Découvrir le Datenschutz en allemand de Terminale
Lisez d’abord ce témoignage. Une femme raconte le jour où elle a lu son dossier de la Stasi, quelques années après la chute du Mur. Son récit relie le passé de la RDA à nos smartphones d’aujourd’hui.
Im Herbst 1992 saß ich in einem kleinen Lesesaal in Leipzig. Vor mir lag eine graue Mappe mit meinem Namen. Darin stand, wann ich morgens das Haus verlassen hatte, welche Bücher ich las und mit wem ich telefonierte. Am schlimmsten waren die Berichte eines inoffiziellen Mitarbeiters. Hinter seinem Decknamen verbarg sich mein Nachbar, mit dem ich oft Kaffee getrunken hatte. Damals habe ich verstanden, was Privatsphäre bedeutet: Sie ist kein Luxus, sondern ein Schutz. Heute erkläre ich meinen Enkeln, warum sie nicht jede App auf ihr Handy laden sollten. Sie lachen manchmal und sagen: „Oma, wir haben doch nichts zu verbergen.“ Dann antworte ich: „Das dachte ich auch.“
Témoignage imaginé pour ce cours
Repérez d’abord les mots clés. Die Mappe est une chemise cartonnée, et der Deckname un nom de code. Ensuite, observez la phrase centrale : Sie ist kein Luxus, sondern ein Schutz. La construction kein … sondern oppose deux idées. Enfin, la chute du texte est ironique : la narratrice pensait elle aussi n’avoir rien à cacher. Le thème est donc posé : la vie privée protège chacun, même celui qui n’a rien fait de mal.
Comprendre les fichiers de la Stasi
En RDA, le ministère de la Sécurité d’État, das Ministerium für Staatssicherheit, est créé en 1950. On l’appelle couramment la Stasi. Sa mission est de protéger le pouvoir du parti unique. Pour cela, elle surveille la population : elle ouvre des lettres, écoute des conversations téléphoniques et place des micros chez certains opposants.
La Stasi s’appuie aussi sur un vaste réseau d’informateurs, les inoffizielle Mitarbeiter, abrégés en IM. Ce sont des collègues, des amis, parfois des membres de la famille. Ils rédigent des rapports en secret. Ainsi, la Stasi constitue des dossiers sur des millions de personnes.
Définition
Die Stasi-Akte [chta-zi-ak-té] est le dossier que la Stasi tenait sur une personne. En décembre 1989 et en janvier 1990, des citoyens occupent les bureaux de la Stasi pour empêcher la destruction des dossiers. Depuis 1992, chacun peut demander à lire le sien. Depuis 2021, ces archives sont confiées aux Archives fédérales, das Bundesarchiv.
Ce droit de consulter son dossier est une conquête des citoyens de 1989 et 1990. En effet, il permet aux victimes de comprendre qui les a trahies. Cependant, la lecture est souvent douloureuse, comme le montre le témoignage du début.
Le jugement sur le recensement de 1983
À l’Ouest aussi, la question se pose. Dès 1970, le Land de Hesse adopte la première loi de protection des données au monde. Puis, en 1983, le gouvernement fédéral prépare un grand recensement, die Volkszählung. Le questionnaire est très détaillé : logement, métier, trajets vers le travail. Beaucoup de citoyens protestent et appellent au boycott.
La Cour constitutionnelle fédérale, das Bundesverfassungsgericht, suspend d’abord le recensement. Puis, le 15 décembre 1983, elle rend un jugement historique : das Volkszählungsurteil. Le recensement n’a finalement lieu qu’en 1987, avec un questionnaire modifié.
Règle
Le jugement de 1983 crée le droit à l’autodétermination informationnelle, das Recht auf informationelle Selbstbestimmung. Chacun décide en principe lui-même de la communication et de l’usage de ses données personnelles. La Cour le déduit des articles 1 et 2 du Grundgesetz : la dignité humaine et le libre épanouissement de la personnalité.
Ce jugement reste une référence. Par exemple, les juges y expliquent qu’une personne qui se sait observée change son comportement. Elle n’ose plus manifester ou s’exprimer librement. Ainsi, la protection des données protège aussi la démocratie.
La DSGVO, une règle pour toute l’Union européenne
Depuis le 25 mai 2018, le règlement général sur la protection des données s’applique dans toute l’Union européenne. En France, on dit RGPD ; en allemand, die Datenschutz-Grundverordnung, ou DSGVO. Ce texte s’impose à toutes les entreprises qui traitent les données de personnes vivant dans l’Union.
| Droit | En allemand | Concrètement |
|---|---|---|
| Droit d’accès | das Auskunftsrecht | savoir quelles données une entreprise possède sur vous |
| Droit de rectification | das Recht auf Berichtigung | faire corriger une donnée fausse |
| Droit à l’effacement | das Recht auf Löschung | faire supprimer des données |
| Consentement | die Einwilligung | accepter ou refuser un traitement de données |
| Droit d’opposition | das Widerspruchsrecht | s’opposer à certains usages, comme la publicité ciblée |
Les sanctions peuvent être lourdes : jusqu’à 20 millions d’euros ou 4 % du chiffre d’affaires mondial annuel. Par ailleurs, l’âge du consentement numérique varie selon les pays. En Allemagne, un jeune peut consentir seul à partir de 16 ans ; en France, à partir de 15 ans.
Smartphones et surveillance : le débat
Aujourd’hui, la menace vient moins d’un État que de nos propres appareils. Un smartphone connaît notre position, nos contacts, nos photos et nos habitudes. Beaucoup d’applications demandent des autorisations, Berechtigungen, dont elles n’ont pas besoin. Les données sont ensuite revendues ou utilisées pour la publicité.
Le débat oppose souvent deux positions. D’un côté, on entend : „Wer nichts zu verbergen hat, hat nichts zu befürchten.“ De l’autre, les défenseurs de la vie privée répondent que chacun a droit à un espace personnel, même sans rien à cacher. Voici quelques arguments à réutiliser.
Beispiel
Einerseits sind kostenlose Apps sehr praktisch. Andererseits bezahlen wir sie mit unseren Daten.
Ich finde, dass jeder selbst entscheiden sollte, wer seinen Standort kennt.
Die Geschichte der Stasi zeigt, wie gefährlich Überwachung sein kann.
Argumenter avec le passif
Pour parler de données, le passif est indispensable. En effet, ce qui compte, c’est souvent ce qui arrive aux données, pas qui agit. On forme le passif avec werden et le participe passé, placé en fin de proposition.
Règle
Présent : Die Daten werden gespeichert. Prétérit : Die Briefe wurden geöffnet. Parfait : Die Akten sind gelesen worden. Avec un verbe de modalité : Die Daten dürfen nicht weitergegeben werden. L’agent s’introduit par von + datif : von der Stasi, von vielen Firmen.
Wortschatz
| Deutsch | Français |
|---|---|
| der Datenschutz | la protection des données |
| die Privatsphäre | la vie privée |
| die Daten (Pl.) | les données |
| personenbezogene Daten | les données personnelles |
| die Überwachung | la surveillance |
| überwachen | surveiller |
| die Akte, -n | le dossier |
| der Spitzel, – | le mouchard |
| der Deckname, -n | le nom de code |
| abhören | mettre sur écoute |
| die Volkszählung, -en | le recensement |
| das Urteil, -e | le jugement |
| die Selbstbestimmung | l’autodétermination |
| die Einwilligung | le consentement |
| speichern | enregistrer, stocker |
| löschen | effacer, supprimer |
| weitergeben | transmettre |
| der Standort, -e | la localisation |
| die Berechtigung, -en | l’autorisation (d’une appli) |
| das Passwort, -wörter | le mot de passe |
| verschlüsseln | chiffrer |
| der Missbrauch | l’abus, l’usage abusif |
| das Grundrecht, -e | le droit fondamental |
| etwas zu verbergen haben | avoir quelque chose à cacher |
Achtung !
Die Daten est un pluriel : on dit donc Die Daten werden gespeichert, avec un verbe au pluriel. Ne confondez pas avec das Datum, qui signifie « la date ». Par ailleurs, überwachen (surveiller une personne) n’est pas bewachen (garder un bâtiment). Enfin, le participe de abhören est abgehört.
À retenir
- La Stasi, créée en 1950, surveillait la population de la RDA ; depuis 1992, chacun peut lire son dossier.
- En 1970, la Hesse adopte la première loi de protection des données au monde.
- Le jugement du 15 décembre 1983 fonde le droit à l’autodétermination informationnelle.
- Depuis le 25 mai 2018, la DSGVO protège les données dans toute l’Union européenne.
- Le passif (werden + participe passé) permet de dire ce qui arrive aux données.
Pour aller plus loin
Entraînez-vous maintenant avec les exercices sur le Datenschutz, puis vérifiez vos connaissances grâce au QCM sur la protection des données. Pour prolonger le thème, lisez aussi le cours sur les infox, les médias et l’IA. Enfin, pour revoir les fondements du droit allemand, relisez le cours sur le Grundgesetz et la vie associative.













