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Dans ce cours d’allemand de Terminale, vous étudiez la HJ et la FDJ, deux organisations qui ont encadré la jeunesse sous deux dictatures allemandes. D’abord, vous découvrez la Hitlerjugend du régime nazi, puis la Freie Deutsche Jugend de la RDA. Ensuite, vous voyez comment l’école servait l’idéologie et comment certains jeunes ont résisté. Enfin, vous apprenez à raconter ces contraintes avec les verbes de modalité au prétérit.
Découvrir la HJ et la FDJ en allemand de Terminale
Lisez d’abord ce témoignage. Un homme né en 1928 se souvient de son entrée dans le Jungvolk, la branche de la Hitlerjugend pour les garçons de 10 à 14 ans.
Ich war zehn Jahre alt, als ich ins Jungvolk kam. Zuerst fand ich alles aufregend: Zeltlager, Geländespiele, Lieder am Lagerfeuer. Wir bekamen eine Uniform und fühlten uns wichtig. Doch bald merkte ich, dass es nicht um Spaß ging. Wir mussten marschieren, gehorchen und Befehle wiederholen. In der Schule lernten wir, dass manche Menschen weniger wert seien als andere. Mein jüdischer Schulfreund durfte plötzlich nicht mehr mitspielen, und im Herbst 1938 war er verschwunden. Niemand in der Klasse fragte nach ihm. Heute weiß ich: Man hat uns nicht erzogen, sondern abgerichtet.
Témoignage imaginé pour ce cours
Repérez d’abord les deux temps du texte. Au début, l’enfant est séduit : aufregend signifie « passionnant ». Ensuite, le connecteur Doch marque le basculement vers la contrainte. Observez aussi le verbe seien : c’est le subjonctif I du discours indirect, qui met à distance l’idéologie enseignée. Enfin, la dernière phrase oppose erziehen, éduquer, et abrichten, dresser comme un animal.
La Hitlerjugend : embrigader toute une génération
La Hitlerjugend, ou HJ, est fondée en 1926 comme organisation de jeunesse du parti nazi. Après l’arrivée de Hitler au pouvoir en 1933, la plupart des autres mouvements de jeunesse sont interdits ou intégrés à la HJ. On parle de mise au pas, die Gleichschaltung.
Définition
Die Gleichschaltung [glaïch-chal-toung] désigne la mise au pas de toute la société par le régime nazi : partis, syndicats, associations et mouvements de jeunesse passent sous son contrôle ou disparaissent. Une loi du 1er décembre 1936 fait de la HJ la jeunesse d’État, die Staatsjugend. À partir de 1939, le service dans la HJ devient obligatoire : c’est la Jugenddienstpflicht.
La HJ accueille les garçons et les filles dans des branches séparées. Les garçons de 10 à 14 ans entrent dans le Deutsches Jungvolk, puis dans la HJ proprement dite. Les filles rejoignent le Jungmädelbund, puis le Bund Deutscher Mädel, ou BDM. Les activités semblent attirantes : camps, sport, chants, randonnées. Pourtant, elles servent un but précis. En effet, il s’agit de former des garçons prêts à devenir soldats et des filles destinées à devenir mères au service du peuple. À la fin de la guerre, de très jeunes membres de la HJ sont même envoyés au combat.
L’école au service de l’idéologie
Sous le nazisme, l’école change profondément. Les programmes sont réécrits : l’histoire exalte la nation, la biologie enseigne une prétendue science des races, et le sport prend une place énorme. Les enseignants opposés au régime sont écartés. Après les pogroms de novembre 1938, les enfants juifs sont exclus des écoles publiques allemandes.
En RDA, l’école doit former des « personnalités socialistes ». À partir de 1959, la scolarité de base se fait dans l’école polytechnique de dix ans, die Polytechnische Oberschule. Une matière enseigne directement l’idéologie : die Staatsbürgerkunde. Le russe est la première langue étrangère. Puis, en 1978, une préparation militaire entre au programme : der Wehrunterricht.
Achtung !
Comparer deux dictatures ne veut pas dire les mettre sur le même plan. Le régime nazi a mené une guerre d’extermination et commis la Shoah. La RDA était une dictature qui surveillait et réprimait sa population, mais elle n’a pas commis de génocide. Dans une copie, nuancez donc toujours la comparaison : Beide Regime wollten die Jugend kontrollieren, aber sie sind nicht gleichzusetzen.
La FDJ en RDA
La Freie Deutsche Jugend, ou FDJ, est fondée le 7 mars 1946 dans la zone d’occupation soviétique. En RDA, elle devient la seule organisation de jeunesse autorisée. Les enfants entrent d’abord chez les pionniers : les Jungpioniere portent un foulard bleu, puis les Thälmannpioniere un foulard rouge. À partir de 14 ans, les jeunes peuvent entrer à la FDJ et portent la chemise bleue, das Blauhemd. On s’y salue par le mot „Freundschaft!“.
Règle
Officiellement, l’adhésion à la FDJ est volontaire. En pratique, presque tous les jeunes en sont membres. En effet, refuser peut fermer l’accès au lycée qui mène à l’Abitur, la Erweiterte Oberschule, ou à certaines études. De même, depuis 1955, la plupart des jeunes de 14 ans célèbrent la Jugendweihe, une cérémonie laïque d’entrée dans l’âge adulte, soutenue par l’État.
La FDJ organise aussi des loisirs : discothèques, voyages, camps de vacances, collectes de vieux papiers. Beaucoup d’anciens membres en gardent des souvenirs heureux. Cependant, dans les réunions, personne ne peut critiquer ouvertement le régime. Ainsi, l’organisation mêle loisirs et contrôle politique.
Embrigadement et résistances
Malgré la pression, certains jeunes refusent l’embrigadement. Sous le nazisme, les Edelweißpiraten, surtout présents en Rhénanie, fuient le service de la HJ et organisent leurs propres sorties. Plusieurs d’entre eux sont exécutés à Cologne en 1944. À Hambourg, la Swingjugend écoute le jazz et le swing, des musiques mal vues par le régime. Enfin, à Munich, les étudiants de la Weiße Rose diffusent des tracts contre le régime en 1942 et 1943. Hans et Sophie Scholl sont exécutés en février 1943.
En RDA aussi, des jeunes résistent à leur manière. Certains restent fidèles à la Junge Gemeinde, le groupe de jeunes de l’Église protestante, malgré les pressions. D’autres refusent la Jugendweihe. Au début des années 1980, des jeunes cousent sur leurs vêtements l’écusson „Schwerter zu Pflugscharen“, symbole du mouvement pour la paix ; dans les écoles, on les oblige souvent à le retirer.
Raconter au passé avec les modaux
Pour décrire la vie sous une dictature, on parle d’obligations et d’interdictions. Les verbes de modalité au prétérit sont donc indispensables.
Règle
Au prétérit, les modaux perdent leur umlaut et prennent -te : müssen → musste, dürfen → durfte, können → konnte, mögen → mochte. Sollen et wollen donnent sollte et wollte. L’infinitif se place en fin de proposition.
Beispiel
Ab 1939 mussten alle Jugendlichen in die Hitlerjugend eintreten.
In den Versammlungen der FDJ durfte niemand das System offen kritisieren.
Wer nicht mitmachte, konnte oft kein Abitur machen.
Wortschatz
| Deutsch | Français |
|---|---|
| die Jugendorganisation, -en | l’organisation de jeunesse |
| die Hitlerjugend | la Jeunesse hitlérienne |
| der Bund Deutscher Mädel | la Ligue des jeunes filles allemandes |
| die Freie Deutsche Jugend | la Jeunesse libre allemande |
| das Blauhemd, -en | la chemise bleue de la FDJ |
| das Halstuch, -tücher | le foulard |
| die Uniform, -en | l’uniforme |
| im Gleichschritt marschieren | marcher au pas |
| das Zeltlager, – | le camp sous tente |
| die Gleichschaltung | la mise au pas |
| die Ideologie, -n | l’idéologie |
| die Propaganda | la propagande |
| erziehen | éduquer |
| die Erziehung | l’éducation |
| gehorchen + Dat. | obéir à |
| der Gehorsam | l’obéissance |
| die Pflicht, -en | l’obligation, le devoir |
| beitreten + Dat. | adhérer à |
| die Mitgliedschaft | l’adhésion |
| der Mitläufer, – | le suiveur, le conformiste |
| sich anpassen | s’adapter, se conformer |
| sich weigern | refuser |
| der Widerstand | la résistance |
| aus der Reihe tanzen | sortir du rang |
| die Jugendweihe | la cérémonie laïque des 14 ans |
| die Staatsbürgerkunde | l’éducation civique socialiste |
Achtung !
Der Jugendliche se décline comme un adjectif : ein Jugendlicher, die Jugendlichen, mais viele Jugendliche. Ne le confondez pas avec die Jugend, « la jeunesse », un nom féminin sans pluriel courant.
À retenir
- La HJ, fondée en 1926, devient jeunesse d’État en 1936 et obligatoire en 1939.
- La FDJ, fondée en 1946, est la seule organisation de jeunesse de la RDA ; officiellement volontaire, elle conditionne en pratique l’avenir scolaire.
- Dans les deux dictatures, l’école sert l’idéologie : biologie raciale sous le nazisme, Staatsbürgerkunde et Wehrunterricht en RDA.
- Des jeunes résistent : Edelweißpiraten, Swingjugend, Weiße Rose, Junge Gemeinde.
- Comparer n’est pas assimiler : le régime nazi a commis la Shoah.
- Pour raconter : musste, durfte, konnte, sollte, wollte + infinitif en fin de proposition.
Pour aller plus loin
Entraînez-vous maintenant avec les exercices sur la HJ et la FDJ, puis vérifiez vos connaissances grâce au QCM sur l’éducation sous les dictatures. Pour approfondir la résistance, relisez le cours sur l’engagement de Sophie Scholl. Enfin, pour la mémoire de la RDA, lisez aussi le cours sur l’Ostalgie.













