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Dans ce cours d’allemand de Terminale, vous étudiez les Lumières et le romantisme, deux moments clés de la culture allemande. D’abord, vous découvrez Kant et Lessing, puis le Sturm und Drang et le classicisme de Weimar. Ensuite, vous entrez dans l’univers des romantiques. Enfin, vous apprenez à présenter un auteur et une œuvre en allemand, pour l’axe « Deutsch, Sprache der Dichter, Denker und Künstler ».
Découvrir les Lumières et le romantisme en Terminale
Lisez d’abord la lettre d’une lycéenne française en voyage scolaire. Elle écrit à une amie depuis Weimar, la ville de Goethe et de Schiller.
Liebe Clara, seit drei Tagen bin ich mit meiner Klasse in Weimar. Heute Morgen standen wir vor dem Nationaltheater. Dort steht das berühmte Denkmal von Goethe und Schiller. Unsere Lehrerin hat erklärt, dass die beiden Dichter Freunde waren, obwohl sie sehr verschieden waren. Goethe war zehn Jahre älter und schon berühmt, als Schiller nach Weimar kam. Am Nachmittag haben wir Goethes Wohnhaus am Frauenplan besichtigt. Überall gab es Bücher, Bilder und Steine aus seinen Sammlungen. Am Abend haben wir im Park an der Ilm Gedichte vorgelesen. Plötzlich war es dunkel, und der Mond schien über dem Fluss. Da habe ich verstanden, warum die Romantiker die Nacht so geliebt haben. Viele Grüße, deine Inès
Lettre imaginée pour ce cours
Repérez d’abord les informations clés. Le monument se trouve devant le théâtre national, das Nationaltheater. Ensuite, la phrase avec obwohl souligne un paradoxe : deux hommes très différents deviennent amis. Enfin, la fin de la lettre passe du classicisme au romantisme : la nuit, la lune et la rivière créent une émotion. Ainsi, en quelques lignes, la lettre traverse tout le chapitre.
Comprendre l’Aufklärung : oser penser par soi-même
Au XVIIIe siècle, l’Europe entre dans le siècle des Lumières. En allemand, on parle de die Aufklärung [aouf-klè-roung]. Le verbe aufklären signifie « éclairer, expliquer ». L’idée centrale est simple : la raison, die Vernunft, doit guider les hommes, et non les préjugés.
Le philosophe Immanuel Kant (1724-1804) vit presque toute sa vie à Königsberg, en Prusse. En 1784, il publie un célèbre article intitulé „Beantwortung der Frage: Was ist Aufklärung?“. Pour lui, les Lumières sont la sortie de l’homme hors d’un état de dépendance intellectuelle dont il est lui-même responsable. Il reprend une devise latine du poète Horace : Sapere aude, c’est-à-dire « ose savoir », ou encore « aie le courage de te servir de ta propre intelligence ».
Définition
Die Unmündigkeit désigne l’état d’une personne qui ne pense pas par elle-même et laisse les autres décider à sa place. Au contraire, une personne mündig est autonome : elle utilise son propre jugement. On retrouve ce mot aujourd’hui dans l’expression der mündige Bürger, le citoyen éclairé et responsable.
Lessing et la tolérance
Gotthold Ephraim Lessing (1729-1781) est l’auteur dramatique majeur des Lumières allemandes. En 1779, il publie „Nathan der Weise“. La pièce se passe à Jérusalem, à l’époque des croisades. Le sultan Saladin demande au marchand juif Nathan quelle religion est la vraie. Nathan répond par une histoire : la parabole des trois anneaux, die Ringparabel.
Un père possède un anneau précieux. Il aime ses trois fils de la même façon. Il fait donc fabriquer deux copies parfaites. Après sa mort, personne ne peut reconnaître l’anneau authentique. Un juge conseille alors aux trois frères de prouver la valeur de leur anneau par leur conduite. Par conséquent, la pièce défend la tolérance entre le judaïsme, le christianisme et l’islam. Elle est jouée pour la première fois à Berlin en 1783, après la mort de Lessing.
Du Sturm und Drang au classicisme de Weimar
Vers 1770, de jeunes auteurs se révoltent contre une raison jugée trop froide. Ils célèbrent le sentiment, das Gefühl, la nature et le génie créateur, das Genie. Ce mouvement prend le nom d’une pièce de Friedrich Maximilian Klinger parue en 1776 : Sturm und Drang, « tempête et passion ».
Deux œuvres en sont les symboles. D’abord, Johann Wolfgang Goethe publie en 1774 „Die Leiden des jungen Werthers“. Ce roman par lettres raconte un amour impossible et se termine par le suicide du héros. Il connaît un immense succès dans toute l’Europe. Ensuite, Friedrich Schiller écrit „Die Räuber“, une pièce sur la révolte d’un fils contre l’injustice, créée à Mannheim en 1782.
Plus tard, les deux auteurs changent de cap. Goethe s’installe à Weimar en 1775, puis voyage en Italie de 1786 à 1788. Il en revient avec un idéal d’équilibre et de beauté. À partir de 1794, il se lie d’amitié avec Schiller, qui s’installe à Weimar en 1799. Ensemble, ils fondent ce qu’on appelle le classicisme de Weimar, die Weimarer Klassik. Cette période s’achève en 1805, à la mort de Schiller.
Règle
Pour situer une époque, retenez les valeurs clés de chacune. L’Aufklärung défend die Vernunft und die Toleranz. Le Sturm und Drang exalte das Gefühl und das Genie. La Klassik recherche Harmonie, Maß und Menschlichkeit. Enfin, le romantisme cultive die Sehnsucht, le rêve et la nuit.
Parmi les œuvres classiques, on cite souvent „Wilhelm Tell“ de Schiller (1804) et „Faust. Der Tragödie erster Teil“ de Goethe (1808). Par ailleurs, l’ode de Schiller „An die Freude“, écrite en 1785, est mise en musique par Beethoven dans sa Neuvième Symphonie, en 1824. Sa mélodie est aujourd’hui l’hymne européen.
Le romantisme allemand : nuit, nature et Sehnsucht
À la fin des années 1790, un groupe de jeunes écrivains se réunit à Iéna, autour des frères August Wilhelm et Friedrich Schlegel. Ils inventent le premier romantisme, die Frühromantik. Le poète Novalis en fait partie. Dans son roman „Heinrich von Ofterdingen“, paru en 1802 après sa mort, apparaît la fleur bleue, die blaue Blume. Elle devient le symbole d’un désir infini.
Les romantiques aiment ce que la raison n’explique pas : la nuit, le rêve, la forêt, le Moyen Âge et le mystère. Ils s’intéressent aussi aux chansons et aux récits populaires. C’est ainsi que les frères Grimm publient en 1812 le premier volume des „Kinder- und Hausmärchen“. En peinture, Caspar David Friedrich représente des personnages de dos face à des paysages immenses.
Définition
Die Sehnsucht [zéén-zoukht] est un mot difficile à traduire. Il mêle la nostalgie, le désir ardent et l’attente de quelque chose d’inaccessible. Le mot est formé de sich sehnen, « aspirer à », et de die Sucht, « la passion, la dépendance ». C’est le sentiment romantique par excellence.
Présenter un auteur et une œuvre en allemand
À l’oral comme à l’écrit, vous devez souvent présenter un auteur. Pour cela, deux outils sont indispensables. D’abord, le prétérit permet de raconter une biographie. Ensuite, le passif au prétérit permet de dire ce qui est arrivé à une œuvre.
Règle
Le prétérit des verbes forts change de voyelle et ne prend pas de terminaison aux première et troisième personnes du singulier : schreiben → schrieb, ziehen → zog, sterben → starb, kommen → kam. Le passif au prétérit se forme avec wurde + participe passé en fin de phrase : Das Stück wurde 1783 in Berlin zum ersten Mal aufgeführt.
Beispiel
Friedrich Schiller wurde 1759 in Marbach am Neckar geboren. Er schrieb Dramen, Gedichte und historische Werke. 1799 zog er mit seiner Familie nach Weimar. Dort entstanden „Maria Stuart“ und „Wilhelm Tell“. Er starb 1805 in Weimar.
Pour comparer deux époques, utilisez des connecteurs précis. Par exemple : Im Gegensatz zur Aufklärung betont der Sturm und Drang das Gefühl. Ou encore : Während die Klassik Harmonie sucht, sehnen sich die Romantiker nach dem Unendlichen. Enfin, pour donner votre avis : Für mich ist Lessings Botschaft heute noch aktuell, weil Toleranz nie selbstverständlich ist.
Wortschatz
| Deutsch | Français |
|---|---|
| die Aufklärung | les Lumières |
| die Vernunft | la raison |
| der Verstand | l’entendement, l’intelligence |
| mündig | autonome, majeur |
| die Unmündigkeit | la dépendance intellectuelle |
| die Toleranz | la tolérance |
| das Vorurteil, -e | le préjugé |
| der Dichter, – | le poète, l’écrivain |
| das Drama, Dramen | la pièce de théâtre |
| das Gedicht, -e | le poème |
| der Roman, -e | le roman |
| die Epoche, -n | l’époque |
| das Gefühl, -e | le sentiment |
| das Genie, -s | le génie |
| die Freiheit | la liberté |
| die Harmonie | l’harmonie |
| das Maß | la mesure |
| die Menschlichkeit | l’humanité (la valeur) |
| die Bildung | la formation, la culture |
| die Sehnsucht | la nostalgie, le désir ardent |
| das Märchen, – | le conte |
| das Denkmal, Denkmäler | le monument |
| aufführen | jouer, représenter (une pièce) |
| die Uraufführung, -en | la première représentation |
| veröffentlichen | publier |
Achtung !
Die Aufklärung s’emploie au singulier, alors que le français dit « les Lumières ». Ensuite, romantisch renvoie d’abord à l’époque romantique, pas seulement à l’amour. Par ailleurs, der Dichter désigne un écrivain en général, et non un dictateur. Enfin, ne confondez pas das Drama (pluriel die Dramen) et das Märchen, dont le pluriel ne change pas.
À retenir
- L’Aufklärung place la raison au centre ; en 1784, Kant reprend la devise Sapere aude.
- Dans „Nathan der Weise“ (1779), la parabole des anneaux défend la tolérance religieuse.
- Le Sturm und Drang exalte le sentiment : Werther (1774) et Die Räuber (1782).
- Le classicisme de Weimar, fondé sur l’amitié de Goethe et Schiller, recherche l’harmonie (1786-1805).
- Le romantisme cultive la Sehnsucht, la nuit et les contes ; la fleur bleue en est le symbole.
- Pour présenter un auteur : prétérit et passif avec wurde.
Pour aller plus loin
Entraînez-vous d’abord avec les exercices sur les Lumières et le romantisme, puis vérifiez vos connaissances avec le QCM sur les Lumières allemandes. Pour approfondir Goethe, relisez le cours sur Faust et le pacte avec le diable. Enfin, pour voir le romantisme en peinture, consultez le cours sur la nature romantique et Caspar David Friedrich.













