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Les minorités germanophones d’Europe de l’Est : cours d’allemand Terminale – télécharger en PDF et imprimer gratuitement

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Dans ce cours d’allemand de Terminale, vous découvrez les minorités germanophones d’Europe de l’Est, ces communautés de langue allemande installées loin de l’Allemagne depuis des siècles. D’abord, vous suivez l’histoire des Saxons de Transylvanie et des Allemands de la Volga. Ensuite, vous comprenez qui sont les Spätaussiedler. Enfin, vous réfléchissez au lien entre langue, identité et retour, au cœur de l’axe « Territoire et mémoire ».

Les minorités germanophones en Terminale : de quoi parle-t-on ?

Du Moyen Âge au XVIIIe siècle, plusieurs souverains d’Europe centrale et orientale font venir des paysans, des artisans et des marchands des pays allemands. En effet, ils veulent peupler des terres, défendre des frontières ou développer l’agriculture. Ainsi naissent des îlots de langue allemande, en allemand die Sprachinseln. Ces communautés gardent pendant des siècles leur langue, leur religion et leurs coutumes. Pourtant, elles vivent au milieu de voisins hongrois, roumains, polonais ou russes.

Définition

die Minderheit : la minorité, c’est-à-dire un groupe moins nombreux que le reste de la population d’un État, qui possède sa propre langue ou sa propre culture. die Sprachinsel : l’îlot linguistique, un territoire où l’on parle une langue différente de celle de toute la région autour.

Carte simplifiée de l’Europe de l’Est : l’Allemagne à gauche, des îlots colorés en Silésie (Pologne), dans le Banat et en Transylvanie (Roumanie) et sur la Volga ; des flèches rouges marquées 1941 partent de la Volga vers la Sibérie et le Kazakhstan ; des flèches jaunes « Aussiedler nach 1990 » reviennent vers l’Allemagne
Les principaux îlots de langue allemande à l’Est et les grands déplacements du XXe siècle.

Des noms liés aux régions

En allemand, on désigne souvent ces groupes par leur région. Par exemple, on parle des Siebenbürger Sachsen (les Saxons de Transylvanie), des Banater Schwaben (les Souabes du Banat) ou des Wolgadeutschen (les Allemands de la Volga). Attention toutefois : le mot « Saxons » ne veut pas dire que ces colons venaient de Saxe. Au Moyen Âge, ce nom désignait les colons allemands en général. La plupart venaient en réalité des régions du Rhin et de la Moselle.

Les Saxons de Transylvanie : huit siècles d’histoire

Vers le milieu du XIIe siècle, le roi de Hongrie appelle des colons allemands en Transylvanie, en allemand Siebenbürgen [zii-ben-bur-guen]. Cette région appartient aujourd’hui à la Roumanie. Les colons fondent des villes comme Hermannstadt (Sibiu), Kronstadt (Brașov) ou Schäßburg (Sighișoara). Ensuite, pour se protéger des invasions, les villageois entourent leurs églises de hauts murs : ce sont les Kirchenburgen, les églises fortifiées. Plusieurs villages à église fortifiée sont aujourd’hui inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Le XXe siècle bouleverse cette communauté. En janvier 1945, de nombreux Allemands de Roumanie sont déportés en Union soviétique pour y effectuer un travail forcé. Ensuite, sous le régime communiste, la minorité reste en place, mais elle vit sous surveillance. Après la chute du dictateur Ceaușescu, en décembre 1989, la grande majorité des Saxons part pour l’Allemagne. Aujourd’hui, il ne reste en Roumanie qu’une petite minorité allemande. Pourtant, son poids symbolique demeure : en 2014, Klaus Iohannis, issu de cette communauté, est élu président de la Roumanie.

Meine Großeltern haben ihr ganzes Leben in einem kleinen Dorf bei Hermannstadt verbracht. In der Mitte des Dorfes stand die Kirchenburg, deren dicke Mauern die Menschen jahrhundertelang geschützt hatten. Zu Hause sprach man Sächsisch, in der Schule lernte man Hochdeutsch und auf dem Markt Rumänisch. 1990 packten meine Eltern ihre Koffer und zogen nach Nürnberg. Ich war damals sechs Jahre alt. Heute fahre ich jeden Sommer zurück. Das Dorf ist stiller geworden, und viele Häuser stehen leer. Trotzdem fühle ich mich dort zu Hause, denn hier liegen meine Wurzeln.

Témoignage fictif d’Ingrid, enseignante à Nuremberg, écrit pour ce cours.

Ce témoignage montre bien trois langues dans une seule vie. D’abord, le dialecte, die Mundart, se parle en famille. Ensuite, l’allemand standard s’apprend à l’école. Enfin, le roumain sert dans la vie de tous les jours. Notez aussi la relative au génitif : die Kirchenburg, deren dicke Mauern … signifie « l’église fortifiée, dont les murs épais… ».

Les Allemands de la Volga et les Russlanddeutsche

En 1763, l’impératrice Catherine II, elle-même d’origine allemande, publie un manifeste qui invite des colons étrangers en Russie. À partir de 1764, des milliers de familles allemandes s’installent sur les rives de la Volga. Elles reçoivent des terres et des privilèges, comme la liberté de religion. Au fil du temps, d’autres colonies naissent aussi en Ukraine, dans le Caucase et en Sibérie.

En 1924, l’Union soviétique crée une République autonome des Allemands de la Volga. Cependant, après l’attaque allemande de juin 1941, Staline soupçonne collectivement ces Allemands de collaborer avec l’ennemi. Un décret d’août 1941 ordonne leur déportation en Sibérie et au Kazakhstan, et leur république est supprimée. Beaucoup d’hommes et de femmes doivent ensuite travailler dans des conditions très dures. Après la guerre, parler allemand reste longtemps mal vu. Par conséquent, de nombreuses familles ne transmettent plus la langue à leurs enfants.

Achtung !

Les Russlanddeutschen ne sont pas des Russes qui parlent allemand. Ce sont des Allemands d’origine qui ont vécu en Russie, puis dans toute l’Union soviétique. Le mot s’écrit avec deux s : Russland. De plus, il se décline comme un adjectif : ein Russlanddeutscher, mais der Russlanddeutsche.

Aussiedler et Spätaussiedler : le retour en Allemagne

Après 1950, la République fédérale accueille des personnes d’origine allemande venues d’Europe de l’Est. On les appelle d’abord Aussiedler. Depuis 1993, ceux qui arrivent portent le nom de Spätaussiedler [chpèt-aous-zii-dler], littéralement « ceux qui partent tardivement ». En tout, plusieurs millions de personnes sont ainsi venues s’installer en Allemagne. Après 1990, la plupart arrivent de l’ancienne Union soviétique, surtout du Kazakhstan et de Russie.

Pour être reconnus, les Spätaussiedler doivent notamment prouver qu’ils parlent allemand. Ils obtiennent alors la nationalité allemande, die deutsche Staatsangehörigkeit. Toutefois, l’intégration n’est pas toujours simple. En effet, beaucoup de jeunes parlent surtout russe à leur arrivée. Ainsi, certains racontent qu’on les appelait « les Allemands » en Russie, puis « les Russes » en Allemagne.

Wortschatz

Deutsch Français
die Minderheit, -en la minorité
die Sprachinsel, -n l’îlot linguistique
der Siedler, – le colon
sich niederlassen s’installer
die Kirchenburg, -en l’église fortifiée
die Mundart, -en le dialecte
die Muttersprache, -n la langue maternelle
die Herkunft l’origine
die Wurzeln les racines
die Heimat le pays natal, le « chez-soi »
auswandern émigrer
einwandern immigrer
die Auswanderung l’émigration
deportieren déporter
die Zwangsarbeit le travail forcé
die Vertreibung, -en l’expulsion
der Spätaussiedler, – le rapatrié d’origine allemande
die Staatsangehörigkeit la nationalité
die Gemeinschaft, -en la communauté
bewahren préserver, conserver
verlassen (verließ, verlassen) quitter
fremd étranger
sich zu Hause fühlen se sentir chez soi
die Erinnerung, -en le souvenir

Raconter cette histoire en allemand

Règle

Pour raconter des faits passés, l’écrit allemand emploie le prétérit : Die Siedler kamen im 12. Jahrhundert nach Siebenbürgen. Pour dire ce que les gens ont subi, on utilise le passif au prétérit, formé avec wurde et le participe II : 1941 wurden die Wolgadeutschen nach Sibirien deportiert. Le complément d’agent s’introduit par von + datif.

Règle

Le relatif au génitif traduit « dont » quand il exprime l’appartenance. On emploie dessen pour un antécédent masculin ou neutre, deren pour un antécédent féminin ou pluriel : die Sachsen, deren Vorfahren vom Rhein kamen. Le nom qui suit n’a pas d’article.

Frise chronologique : vers 1150, colons en Transylvanie ; 1763, manifeste de Catherine II ; 1924, république des Allemands de la Volga ; 1941, déportation vers l’Est ; après 1989, émigration vers l’Allemagne ; 1993, nouveau terme « Spätaussiedler »
Huit siècles d’histoire, de l’installation au retour.

Langue, identité et retour : un sujet pour l’axe « Territoire et mémoire »

Ce thème pose une question simple : qu’est-ce qui fait une identité ? D’abord, la langue a joué un rôle central. Elle a permis à ces communautés de rester elles-mêmes pendant des siècles. Ensuite, la mémoire compte beaucoup : la déportation de 1941 ou le départ de 1990 restent présents dans les familles. Enfin, le mot Heimat résume ce débat. En effet, il ne désigne pas seulement un pays. Il évoque aussi des racines, des souvenirs et un sentiment d’appartenance.

Aujourd’hui, beaucoup de Saxons de Transylvanie retournent l’été dans leurs villages d’origine. De même, des descendants de Russlanddeutsche visitent les lieux où leurs grands-parents ont vécu. Ainsi, le retour n’est pas toujours un voyage sans fin : c’est souvent un aller-retour entre deux mondes.

Beispiel

Einerseits ist Deutschland für viele Spätaussiedler die neue Heimat. Andererseits bleiben ihre Wurzeln in Kasachstan oder in Russland.

Meiner Meinung nach ist die Sprache der wichtigste Teil der Identität, weil sie Generationen miteinander verbindet.

À retenir

  • Des îlots de langue allemande, Sprachinseln, existent à l’Est depuis le Moyen Âge.
  • Les Siebenbürger Sachsen vivent en Transylvanie depuis le XIIe siècle ; la plupart partent après 1989.
  • Les Wolgadeutschen arrivent après 1763 et sont déportés en 1941.
  • Depuis 1993, les rapatriés d’origine allemande s’appellent Spätaussiedler.
  • Pour raconter : prétérit, passif avec wurde, relatifs dessen et deren.

Pour aller plus loin

Pour vous entraîner, faites les exercices sur les minorités germanophones, puis testez-vous avec le QCM sur les minorités germanophones. Ensuite, élargissez le thème avec le cours sur les lieux de mémoire allemands et celui sur l’émigration germanophone.

Cours « Les minorités germanophones d’Europe de l’Est  » en PDF

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