Aller au contenu

Lumières et romantisme : cours d’allemand Terminale

  • par
Lumières et romantisme : cours d’allemand terminale, illustration Allemand PDF
Rate this post

Dans ce cours d’allemand de Terminale, vous étudiez les Lumières et le romantisme, deux moments clés de la culture allemande. D’abord, vous découvrez Kant et Lessing, puis le Sturm und Drang et le classicisme de Weimar. Ensuite, vous entrez dans l’univers des romantiques. Enfin, vous apprenez à présenter un auteur et une œuvre en allemand, pour l’axe « Deutsch, Sprache der Dichter, Denker und Künstler ».

Découvrir les Lumières et le romantisme en Terminale

Lisez d’abord la lettre d’une lycéenne française en voyage scolaire. Elle écrit à une amie depuis Weimar, la ville de Goethe et de Schiller.

Liebe Clara, seit drei Tagen bin ich mit meiner Klasse in Weimar. Heute Morgen standen wir vor dem Nationaltheater. Dort steht das berühmte Denkmal von Goethe und Schiller. Unsere Lehrerin hat erklärt, dass die beiden Dichter Freunde waren, obwohl sie sehr verschieden waren. Goethe war zehn Jahre älter und schon berühmt, als Schiller nach Weimar kam. Am Nachmittag haben wir Goethes Wohnhaus am Frauenplan besichtigt. Überall gab es Bücher, Bilder und Steine aus seinen Sammlungen. Am Abend haben wir im Park an der Ilm Gedichte vorgelesen. Plötzlich war es dunkel, und der Mond schien über dem Fluss. Da habe ich verstanden, warum die Romantiker die Nacht so geliebt haben. Viele Grüße, deine Inès

Lettre imaginée pour ce cours

Repérez d’abord les informations clés. Le monument se trouve devant le théâtre national, das Nationaltheater. Ensuite, la phrase avec obwohl souligne un paradoxe : deux hommes très différents deviennent amis. Enfin, la fin de la lettre passe du classicisme au romantisme : la nuit, la lune et la rivière créent une émotion. Ainsi, en quelques lignes, la lettre traverse tout le chapitre.

Le monument de Goethe et Schiller, deux statues de bronze côte à côte sur un socle daté de 1857, devant la façade à colonnes du Deutsches Nationaltheater de Weimar
Weimar : le monument de Goethe et Schiller devant le théâtre national (1857)

Comprendre l’Aufklärung : oser penser par soi-même

Au XVIIIe siècle, l’Europe entre dans le siècle des Lumières. En allemand, on parle de die Aufklärung [aouf-klè-roung]. Le verbe aufklären signifie « éclairer, expliquer ». L’idée centrale est simple : la raison, die Vernunft, doit guider les hommes, et non les préjugés.

Le philosophe Immanuel Kant (1724-1804) vit presque toute sa vie à Königsberg, en Prusse. En 1784, il publie un célèbre article intitulé „Beantwortung der Frage: Was ist Aufklärung?“. Pour lui, les Lumières sont la sortie de l’homme hors d’un état de dépendance intellectuelle dont il est lui-même responsable. Il reprend une devise latine du poète Horace : Sapere aude, c’est-à-dire « ose savoir », ou encore « aie le courage de te servir de ta propre intelligence ».

Définition

Die Unmündigkeit désigne l’état d’une personne qui ne pense pas par elle-même et laisse les autres décider à sa place. Au contraire, une personne mündig est autonome : elle utilise son propre jugement. On retrouve ce mot aujourd’hui dans l’expression der mündige Bürger, le citoyen éclairé et responsable.

Lessing et la tolérance

Gotthold Ephraim Lessing (1729-1781) est l’auteur dramatique majeur des Lumières allemandes. En 1779, il publie „Nathan der Weise“. La pièce se passe à Jérusalem, à l’époque des croisades. Le sultan Saladin demande au marchand juif Nathan quelle religion est la vraie. Nathan répond par une histoire : la parabole des trois anneaux, die Ringparabel.

Un père possède un anneau précieux. Il aime ses trois fils de la même façon. Il fait donc fabriquer deux copies parfaites. Après sa mort, personne ne peut reconnaître l’anneau authentique. Un juge conseille alors aux trois frères de prouver la valeur de leur anneau par leur conduite. Par conséquent, la pièce défend la tolérance entre le judaïsme, le christianisme et l’islam. Elle est jouée pour la première fois à Berlin en 1783, après la mort de Lessing.

Du Sturm und Drang au classicisme de Weimar

Vers 1770, de jeunes auteurs se révoltent contre une raison jugée trop froide. Ils célèbrent le sentiment, das Gefühl, la nature et le génie créateur, das Genie. Ce mouvement prend le nom d’une pièce de Friedrich Maximilian Klinger parue en 1776 : Sturm und Drang, « tempête et passion ».

Deux œuvres en sont les symboles. D’abord, Johann Wolfgang Goethe publie en 1774 „Die Leiden des jungen Werthers“. Ce roman par lettres raconte un amour impossible et se termine par le suicide du héros. Il connaît un immense succès dans toute l’Europe. Ensuite, Friedrich Schiller écrit „Die Räuber“, une pièce sur la révolte d’un fils contre l’injustice, créée à Mannheim en 1782.

Plus tard, les deux auteurs changent de cap. Goethe s’installe à Weimar en 1775, puis voyage en Italie de 1786 à 1788. Il en revient avec un idéal d’équilibre et de beauté. À partir de 1794, il se lie d’amitié avec Schiller, qui s’installe à Weimar en 1799. Ensemble, ils fondent ce qu’on appelle le classicisme de Weimar, die Weimarer Klassik. Cette période s’achève en 1805, à la mort de Schiller.

Règle

Pour situer une époque, retenez les valeurs clés de chacune. L’Aufklärung défend die Vernunft und die Toleranz. Le Sturm und Drang exalte das Gefühl und das Genie. La Klassik recherche Harmonie, Maß und Menschlichkeit. Enfin, le romantisme cultive die Sehnsucht, le rêve et la nuit.

Parmi les œuvres classiques, on cite souvent „Wilhelm Tell“ de Schiller (1804) et „Faust. Der Tragödie erster Teil“ de Goethe (1808). Par ailleurs, l’ode de Schiller „An die Freude“, écrite en 1785, est mise en musique par Beethoven dans sa Neuvième Symphonie, en 1824. Sa mélodie est aujourd’hui l’hymne européen.

Le romantisme allemand : nuit, nature et Sehnsucht

À la fin des années 1790, un groupe de jeunes écrivains se réunit à Iéna, autour des frères August Wilhelm et Friedrich Schlegel. Ils inventent le premier romantisme, die Frühromantik. Le poète Novalis en fait partie. Dans son roman „Heinrich von Ofterdingen“, paru en 1802 après sa mort, apparaît la fleur bleue, die blaue Blume. Elle devient le symbole d’un désir infini.

Les romantiques aiment ce que la raison n’explique pas : la nuit, le rêve, la forêt, le Moyen Âge et le mystère. Ils s’intéressent aussi aux chansons et aux récits populaires. C’est ainsi que les frères Grimm publient en 1812 le premier volume des „Kinder- und Hausmärchen“. En peinture, Caspar David Friedrich représente des personnages de dos face à des paysages immenses.

Définition

Die Sehnsucht [zéén-zoukht] est un mot difficile à traduire. Il mêle la nostalgie, le désir ardent et l’attente de quelque chose d’inaccessible. Le mot est formé de sich sehnen, « aspirer à », et de die Sucht, « la passion, la dépendance ». C’est le sentiment romantique par excellence.

Frise chronologique de 1774 à 1812 : Werther de Goethe, Nathan der Weise de Lessing, l’article de Kant, l’amitié de Goethe et Schiller, Faust I, puis les contes des frères Grimm
Six dates pour passer des Lumières au romantisme

Présenter un auteur et une œuvre en allemand

À l’oral comme à l’écrit, vous devez souvent présenter un auteur. Pour cela, deux outils sont indispensables. D’abord, le prétérit permet de raconter une biographie. Ensuite, le passif au prétérit permet de dire ce qui est arrivé à une œuvre.

Règle

Le prétérit des verbes forts change de voyelle et ne prend pas de terminaison aux première et troisième personnes du singulier : schreiben → schrieb, ziehen → zog, sterben → starb, kommen → kam. Le passif au prétérit se forme avec wurde + participe passé en fin de phrase : Das Stück wurde 1783 in Berlin zum ersten Mal aufgeführt.

Beispiel

Friedrich Schiller wurde 1759 in Marbach am Neckar geboren. Er schrieb Dramen, Gedichte und historische Werke. 1799 zog er mit seiner Familie nach Weimar. Dort entstanden „Maria Stuart“ und „Wilhelm Tell“. Er starb 1805 in Weimar.

Pour comparer deux époques, utilisez des connecteurs précis. Par exemple : Im Gegensatz zur Aufklärung betont der Sturm und Drang das Gefühl. Ou encore : Während die Klassik Harmonie sucht, sehnen sich die Romantiker nach dem Unendlichen. Enfin, pour donner votre avis : Für mich ist Lessings Botschaft heute noch aktuell, weil Toleranz nie selbstverständlich ist.

Wortschatz

Deutsch Français
die Aufklärung les Lumières
die Vernunft la raison
der Verstand l’entendement, l’intelligence
mündig autonome, majeur
die Unmündigkeit la dépendance intellectuelle
die Toleranz la tolérance
das Vorurteil, -e le préjugé
der Dichter, – le poète, l’écrivain
das Drama, Dramen la pièce de théâtre
das Gedicht, -e le poème
der Roman, -e le roman
die Epoche, -n l’époque
das Gefühl, -e le sentiment
das Genie, -s le génie
die Freiheit la liberté
die Harmonie l’harmonie
das Maß la mesure
die Menschlichkeit l’humanité (la valeur)
die Bildung la formation, la culture
die Sehnsucht la nostalgie, le désir ardent
das Märchen, – le conte
das Denkmal, Denkmäler le monument
aufführen jouer, représenter (une pièce)
die Uraufführung, -en la première représentation
veröffentlichen publier

Achtung !

Die Aufklärung s’emploie au singulier, alors que le français dit « les Lumières ». Ensuite, romantisch renvoie d’abord à l’époque romantique, pas seulement à l’amour. Par ailleurs, der Dichter désigne un écrivain en général, et non un dictateur. Enfin, ne confondez pas das Drama (pluriel die Dramen) et das Märchen, dont le pluriel ne change pas.

À retenir

  • L’Aufklärung place la raison au centre ; en 1784, Kant reprend la devise Sapere aude.
  • Dans „Nathan der Weise“ (1779), la parabole des anneaux défend la tolérance religieuse.
  • Le Sturm und Drang exalte le sentiment : Werther (1774) et Die Räuber (1782).
  • Le classicisme de Weimar, fondé sur l’amitié de Goethe et Schiller, recherche l’harmonie (1786-1805).
  • Le romantisme cultive la Sehnsucht, la nuit et les contes ; la fleur bleue en est le symbole.
  • Pour présenter un auteur : prétérit et passif avec wurde.

Pour aller plus loin

Entraînez-vous d’abord avec les exercices sur les Lumières et le romantisme, puis vérifiez vos connaissances avec le QCM sur les Lumières allemandes. Pour approfondir Goethe, relisez le cours sur Faust et le pacte avec le diable. Enfin, pour voir le romantisme en peinture, consultez le cours sur la nature romantique et Caspar David Friedrich.

Cours « Lumières et romantisme  » en PDF

À imprimer

Retrouve ce cours dans un PDF propre, prêt pour la classe ou la maison.

Télécharger le PDF