
Le livre Allemand PDFCours d’allemand TerminaleLes leçons d’allemand de Terminale réunies dans un seul PDF, prêt à imprimer.Ouvrir le livre de cours Gratuit : ce cours est à télécharger en PDF et à imprimer gratuitement (bouton en bas de page).
Dans ce cours d’allemand de Terminale, vous étudiez le miracle économique allemand des années 1950 et le « miracle de Berne » de 1954. D’abord, vous suivez la reconstruction après 1945, le plan Marshall et la naissance de la D-Mark. Ensuite, vous découvrez la victoire inattendue de la RFA en Coupe du monde. Enfin, dans le cadre de l’axe « Fictions et réalités », vous vous demandez pourquoi ces deux « miracles » sont devenus un mythe fondateur.
Le miracle économique allemand en Terminale : partir des ruines
Le 8 mai 1945, l’Allemagne capitule. Le pays est occupé par les quatre Alliés et ses grandes villes sont en ruines. En effet, des millions de logements sont détruits, et la nourriture est rationnée. De plus, des millions de réfugiés et d’expulsés arrivent de l’Est. Dans les villes, des femmes déblaient les décombres pierre par pierre : on les appelle les Trümmerfrauen. Aujourd’hui, les historiens nuancent un peu cette image, car des entreprises et des prisonniers ont aussi fait ce travail. Toutefois, la Trümmerfrau reste une figure très forte de la mémoire allemande.
Définition
die Stunde Null : « l’heure zéro », expression qui désigne la fin de la guerre en mai 1945, comme si tout recommençait à zéro. das Wirtschaftswunder : le « miracle économique », c’est-à-dire la croissance très rapide de la RFA dans les années 1950.
L’expression Stunde Null est elle-même discutée. En réalité, beaucoup de choses continuent après 1945 : une partie des usines, des savoir-faire et même des responsables de l’époque nazie. Ainsi, dès le départ, le récit du « nouveau départ » mêle réalité et fiction.
Plan Marshall, D-Mark et économie sociale de marché
D’abord, en juin 1947, le secrétaire d’État américain George Marshall annonce un vaste programme d’aide pour l’Europe : c’est le plan Marshall, en allemand der Marshallplan. Les zones occidentales de l’Allemagne reçoivent ainsi des crédits, des matières premières et de la nourriture. Son poids exact fait débat chez les historiens. Cependant, son effet sur la confiance est réel.
Ensuite, le 20 juin 1948, une réforme monétaire, die Währungsreform, a lieu dans les trois zones occidentales. Le Reichsmark, qui ne valait presque plus rien, est remplacé par la Deutsche Mark. Chaque habitant reçoit d’abord 40 D-Mark. Presque du jour au lendemain, les vitrines se remplissent, car les commerçants avaient gardé leurs marchandises en réserve. Au même moment, Ludwig Erhard, qui dirige alors l’administration économique des zones américaine et britannique, supprime une grande partie du contrôle des prix.
Enfin, le 23 mai 1949, la Loi fondamentale entre en vigueur : la République fédérale d’Allemagne est née. Ludwig Erhard devient ministre de l’Économie. Il défend la soziale Marktwirtschaft, l’économie sociale de marché : la concurrence et la liberté des prix, mais aussi une protection sociale pour les salariés.
Règle
Pour raconter ces événements, on emploie le passif au prétérit : wurde + participe II. Par exemple : Die D-Mark wurde 1948 eingeführt. Die Bundesrepublik wurde 1949 gegründet. Pour une date précise, on dit am + jour ordinal + mois : am 20. Juni 1948, qui se lit am zwanzigsten Juni.
Les années 1950 : le Wirtschaftswunder
Dans les années 1950, la croissance de la RFA est très forte. D’abord, à partir de 1950, la guerre de Corée fait exploser la demande mondiale de machines et d’acier. Ensuite, le pays dispose d’usines en partie intactes et d’une main-d’œuvre qualifiée, renforcée par les réfugiés venus de l’Est. Par conséquent, le chômage recule rapidement. À la fin de la décennie, les entreprises manquent même de bras. C’est pourquoi la RFA signe en 1955 un premier accord de recrutement avec l’Italie : les premiers Gastarbeiter arrivent.
Le niveau de vie progresse lui aussi. Les Allemands parlent d’abord d’une « vague de nourriture », die Fresswelle, puis d’une « vague de voyages », die Reisewelle, surtout vers l’Italie. Le réfrigérateur, la télévision et la voiture entrent dans les foyers. La petite Coccinelle, der Käfer, devient le symbole de cette époque : en 1955, le millionième exemplaire sort de l’usine de Wolfsburg.
Als ich ein Kind war, hatten wir fast nichts. Mein Vater arbeitete in einer Fabrik in Stuttgart, meine Mutter nähte Kleider für die Nachbarn. Doch von Jahr zu Jahr wurde das Leben leichter. Zuerst aßen wir wieder Fleisch, dann kauften meine Eltern einen Kühlschrank. 1958 stand plötzlich ein Fernseher im Wohnzimmer, und die halbe Straße kam zu uns. Den ersten Urlaub in Italien werde ich nie vergessen: Wir fuhren mit einem kleinen Käfer über die Alpen. Für meine Eltern war das ein Wunder, das sie sich selbst erarbeitet hatten.
Témoignage fictif de Gisela, née à Stuttgart, écrit pour ce cours.
Ce témoignage suit bien les étapes du miracle : d’abord manger, ensuite s’équiper, enfin voyager. Notez la dernière phrase : pour Gisela, ce « miracle » n’est pas tombé du ciel. Au contraire, ses parents l’ont gagné par leur travail.
Wortschatz
| Deutsch | Français |
|---|---|
| die Trümmer | les décombres |
| die Trümmerfrau, -en | la femme des ruines |
| der Wiederaufbau | la reconstruction |
| wieder aufbauen | reconstruire |
| die Währungsreform | la réforme monétaire |
| einführen | introduire |
| die soziale Marktwirtschaft | l’économie sociale de marché |
| der Aufschwung | l’essor |
| das Wachstum | la croissance |
| der Wohlstand | la prospérité |
| die Arbeitslosigkeit | le chômage |
| der Gastarbeiter, – | le travailleur immigré |
| die Konsumgesellschaft | la société de consommation |
| der Kühlschrank | le réfrigérateur |
| die Weltmeisterschaft (WM) | la Coupe du monde |
| das Endspiel, -e | la finale |
| der Außenseiter, – | l’outsider |
| der Favorit, -en | le favori |
| das Tor, -e | le but |
| ausgleichen | égaliser |
| der Weltmeister, – | le champion du monde |
| das Selbstbewusstsein | la confiance en soi |
| der Mythos, die Mythen | le mythe |
| die Erinnerung, -en | le souvenir |
Le « miracle de Berne » : la Coupe du monde 1954
En 1954, la Coupe du monde se joue en Suisse. La RFA n’a été réadmise dans les compétitions internationales qu’en 1950. À l’inverse, la Hongrie est invaincue depuis plusieurs années et championne olympique en titre. Pendant le premier tour, elle bat d’ailleurs l’Allemagne 8 à 3, face à une équipe allemande en partie remaniée. Pourtant, les deux équipes se retrouvent en finale.
Le dimanche 4 juillet 1954, au stade du Wankdorf à Berne, il pleut. Après huit minutes, la Hongrie mène déjà 2 à 0. Ensuite, l’Allemagne revient à 2 à 2 dès la 18e minute. Enfin, à la 84e minute, Helmut Rahn marque le but de la victoire : 3 à 2. L’équipe de l’entraîneur Sepp Herberger et du capitaine Fritz Walter devient championne du monde. Depuis, on appelle parfois un temps de pluie le Fritz-Walter-Wetter, car le capitaine jouait très bien sous la pluie. En RFA, peu de gens ont la télévision : la plupart suivent le match à la radio. Ensuite, le retour des joueurs en train donne lieu à des scènes de joie dans tout le pays.
Achtung !
das Wunder est neutre, et son pluriel ne change pas : die Wunder. Un score se lit avec zu : 3:2 se dit drei zu zwei. Enfin, ne confondez pas das Tor (le but) et der Tor (le fou, mot littéraire).
Un mythe fondateur de la RFA : réalité et fiction
Pourquoi ces deux histoires comptent-elles autant ? D’abord, elles arrivent juste après la défaite et les crimes du nazisme. La victoire de Berne donne aux Allemands de l’Ouest une fierté qu’ils n’osaient plus exprimer. On résume souvent ce sentiment par l’expression „Wir sind wieder wer“, « nous sommes de nouveau quelqu’un ». C’est pourquoi on présente parfois le 4 juillet 1954 comme la véritable naissance de la République fédérale.
Cependant, le mot « miracle » simplifie la réalité. En effet, la croissance a des causes concrètes : la réforme monétaire, l’aide américaine, les usines restées debout, le travail des réfugiés puis des Gastarbeiter, et le contexte de la guerre froide. De même, la finale de 1954 n’est pas un miracle, mais une victoire sportive. Par ailleurs, le récit laisse des zones d’ombre. Par exemple, la RDA ne connaît pas ce miracle, car elle doit payer de lourdes réparations à l’Union soviétique. De plus, la prospérité permet longtemps d’éviter les questions sur le passé nazi. Ce thème inspire encore aujourd’hui des films et des romans, qui mêlent souvenirs réels et récit fictif.
Règle
Pour exprimer l’antériorité, on emploie nachdem + plus-que-parfait, et le verbe va à la fin : Nachdem Ungarn 2:0 geführt hatte, glich Deutschland aus. Pour exprimer une progression, on utilise je + comparatif … desto + comparatif : Je mehr die Wirtschaft wuchs, desto weniger Menschen waren arbeitslos.
Beispiel
Einerseits war der Aufschwung beeindruckend. Andererseits hatte er ganz konkrete Ursachen.
Meiner Meinung nach war der Sieg von Bern wichtiger für das Selbstbewusstsein als für den Sport.
À retenir
- 1945 : l’Allemagne est en ruines ; c’est la prétendue Stunde Null.
- 1947 : le plan Marshall ; 20 juin 1948 : la réforme monétaire et la D-Mark.
- 1949 : naissance de la RFA et de l’économie sociale de marché de Ludwig Erhard.
- Années 1950 : le Wirtschaftswunder, la société de consommation et les premiers Gastarbeiter.
- 4 juillet 1954 : la RFA bat la Hongrie 3 à 2 à Berne, un mythe fondateur.
- Grammaire : passif au prétérit, nachdem + plus-que-parfait, je … desto.
Pour aller plus loin
Pour vous entraîner, faites les exercices sur le Wirtschaftswunder et le miracle de Berne, puis testez-vous avec le QCM sur les miracles allemands. Ensuite, prolongez le thème avec le cours sur l’industrie automobile allemande et celui sur l’Ostalgie et la RDA.













