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La révolution pacifique de 1989 : cours d’allemand Terminale

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La révolution pacifique de 1989 : cours d’allemand terminale, illustration Allemand PDF
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Dans ce cours d’allemand de Terminale, vous étudiez la révolution pacifique de 1989 en RDA. D’abord, vous suivez les manifestations du lundi à Leipzig, puis la chute du Mur de Berlin. Enfin, vous vous demandez si cet automne est devenu un mythe fondateur de l’Allemagne unie.

La révolution pacifique en Terminale : le contexte de 1989

En 1989, la RDA (die DDR) existe depuis quarante ans. Le pays est dirigé par un parti unique, le SED, et par Erich Honecker. La police politique, la Stasi, surveille la population. Par ailleurs, les citoyens ne peuvent pas voyager librement vers l’Ouest. Pourtant, le climat change. En effet, en URSS, Mikhaïl Gorbatchev engage des réformes. De plus, le 7 mai 1989, les élections municipales sont truquées, et des opposants parviennent à le prouver.

Pendant l’été, des milliers d’Allemands de l’Est fuient par la Hongrie, qui ouvre sa frontière avec l’Autriche. D’autres se réfugient dans l’ambassade de la RFA à Prague. Le pays perd ainsi une partie de sa jeunesse. Deux attitudes s’opposent alors : partir ou rester pour changer le pays. Les uns crient „Wir wollen raus!“ (nous voulons partir). Les autres répondent „Wir bleiben hier!“ (nous restons ici).

Définition

La révolution pacifique (die friedliche Revolution) désigne les manifestations non violentes de l’automne 1989. Elles ont conduit à la fin du pouvoir du SED, puis à l’unité allemande. On parle aussi du « tournant » (die Wende).

Wortschatz

Deutsch Français
die Montagsdemonstration, -en la manifestation du lundi
das Friedensgebet, -e la prière pour la paix
die Kirche, -n l’église
die Kerze, -n la bougie
der Demonstrant, -en le manifestant
demonstrieren manifester
auf die Straße gehen descendre dans la rue
fordern exiger, réclamer
die Freiheit la liberté
die Reisefreiheit la liberté de voyager
die Meinungsfreiheit la liberté d’opinion
die Wahl, -en l’élection
die Wahlfälschung la fraude électorale
der Flüchtling, -e le réfugié
fliehen (floh, ist geflohen) fuir
die Botschaft, -en l’ambassade
die Grenze, -n la frontière
die Mauer le mur
der Mauerfall la chute du Mur
die Staatssicherheit (die Stasi) la police politique de la RDA
die Gewalt la violence
friedlich pacifique
der Mut le courage
die Bürgerbewegung, -en le mouvement citoyen
die Wiedervereinigung la réunification
die Einheit l’unité
der Gründungsmythos le mythe fondateur
die Erinnerung, -en le souvenir, la mémoire

Les manifestations du lundi à Leipzig

Depuis le début des années 1980, l’église Saint-Nicolas de Leipzig (die Nikolaikirche) accueille chaque lundi une prière pour la paix (das Friedensgebet). L’Église protestante offre en effet un espace un peu plus protégé que le reste du pays. On peut y parler plus librement. À partir du 4 septembre 1989, des personnes restent devant l’église après la prière. Elles manifestent. Ensuite, chaque lundi, elles sont plus nombreuses, malgré les arrestations.

Le 9 octobre 1989 est une date décisive. Deux jours plus tôt, le régime a fêté les quarante ans de la RDA. Beaucoup craignent donc une répression sanglante. Pourtant, environ 70 000 personnes défilent ce soir-là sur le grand boulevard circulaire de la ville, le Leipziger Ring. Beaucoup tiennent une bougie. L’État n’intervient pas. Ce soir-là, la peur change de camp.

Am Montag, dem 9. Oktober 1989, war die Angst in Leipzig groß. Viele Menschen glaubten, dass Polizei und Armee schießen würden. Trotzdem gingen etwa 70 000 Menschen nach den Friedensgebeten auf die Straße. Sie trugen Kerzen und riefen „Keine Gewalt!“ Wer eine Kerze hält, braucht eine Hand für das Licht und die andere zum Schutz der Flamme. Er kann also keinen Stein werfen. Der Abend blieb friedlich, und die Staatsmacht griff nicht ein. Danach wussten viele: Die Angst war kleiner geworden.

Texte écrit pour ce cours.

Foule de manifestants en silhouette bleu nuit tenant des bougies allumées devant l’église Saint-Nicolas de Leipzig, sous deux banderoles « Keine Gewalt! » et « Wir sind das Volk! »
Leipzig, 9 octobre 1989 : des bougies plutôt que des pierres

Règle

Le récit historique écrit utilise le prétérit. Beaucoup de verbes du chapitre sont forts : leur radical change. Au pluriel, on ajoute -en au radical : sie gingen, sie trugen, sie riefen.

Français Infinitif Prétérit Parfait
aller gehen ging ist gegangen
porter tragen trug hat getragen
crier, appeler rufen rief hat gerufen
fuir fliehen floh ist geflohen
tomber fallen fiel ist gefallen
rester bleiben blieb ist geblieben
intervenir eingreifen griff ein hat eingegriffen

« Wir sind das Volk ! » : un slogan qui change de sens

Le slogan le plus célèbre de l’automne 1989 est „Wir sind das Volk!“ (C’est nous, le peuple !). Il vise directement le régime. En effet, la RDA parle sans cesse au nom du peuple : son parlement s’appelle la Volkskammer, sa police la Volkspolizei. Les manifestants rappellent donc au pouvoir que le peuple, ce sont eux. L’article das est accentué : c’est nous, et pas vous.

À partir de la fin de 1989, un autre slogan apparaît dans les cortèges : „Wir sind ein Volk!“ (Nous sommes un seul peuple !). Un seul mot change, mais le sens change beaucoup. Le premier slogan réclame la démocratie en RDA. Le second réclame l’unité avec la RFA. Depuis les années 2010, des mouvements hostiles aux migrants ont repris le premier slogan, ce qui fait débat.

Achtung !

Volk est neutre : das Volk, ein Volk, pluriel die Völker. Ne dites donc jamais « die Volk ». De même, après sein, on garde le nominatif : Wir sind ein Volk, jamais « einen Volk ».

La chute du Mur, le 9 novembre 1989

Les événements s’accélèrent ensuite. Le 18 octobre, Erich Honecker quitte le pouvoir et Egon Krenz le remplace à la tête du SED. Le 4 novembre, plusieurs centaines de milliers de personnes se rassemblent sur l’Alexanderplatz, à Berlin-Est. Elles réclament la liberté d’opinion et la liberté de voyager.

Le 9 novembre au soir, Günter Schabowski, membre de la direction du parti, présente une nouvelle réglementation des voyages lors d’une conférence de presse. Ses explications sont confuses. Il laisse entendre qu’elle s’applique tout de suite. Aussitôt, des milliers de Berlinois de l’Est se pressent aux points de passage. Vers 23 h 30, au poste de la Bornholmer Straße, les gardes ouvrent la barrière. D’autres postes suivent. Cette nuit-là, des Berlinois de l’Est et de l’Ouest fêtent ensemble la fin de la séparation.

Ensuite, la RDA organise ses premières élections libres le 18 mars 1990. Enfin, le 3 octobre 1990, l’Allemagne est réunifiée. En à peine plus d’un an, un régime qui semblait solide a donc disparu sans guerre civile.

Frise chronologique de cinq dates : 4.9.1989 première manifestation du lundi, 9.10.1989 70 000 personnes à Leipzig, 9.11.1989 chute du Mur, 18.3.1990 élections libres en RDA, 3.10.1990 unité allemande
Les grandes étapes, de Leipzig à l’unité

Règle

Dire une date. Pour un jour précis, on emploie am : am 9. November 1989. Pour un mois ou une saison, on emploie im : im Oktober, im Sommer. Une année seule s’emploie sans préposition : 1989 fiel die Mauer, ou bien im Jahr 1989. Pour une durée qui continue, on utilise seit + datif : seit dem 3. Oktober 1990.

Règle

Pour mettre l’accent sur ce qui arrive, on utilise le passif au prétérit : wurde + participe II, placé à la fin. Par exemple : Die Grenze wurde geöffnet. Au pluriel, on écrit wurden : Die Wahlen wurden gefälscht. L’auteur de l’action est introduit par von + datif.

Un nouveau mythe fondateur ?

Un mythe fondateur est un récit qui donne à une nation une image positive de ses origines. Or l’automne 1989 a tout pour le devenir. D’abord, il montre des citoyens courageux. Ensuite, il réussit sans violence, ce qui est rare dans l’histoire allemande. Enfin, il ouvre la voie à l’unité.

Pourtant, la date choisie pour la fête nationale n’est pas le 9 novembre. En effet, ce jour rappelle aussi des événements sombres, en particulier les pogroms de novembre 1938. On l’appelle parfois der Schicksalstag (le jour du destin). L’Allemagne fête donc son unité le 3 octobre, le Tag der Deutschen Einheit. À Leipzig, chaque 9 octobre, la ville commémore la grande manifestation avec des bougies et des lumières.

Le récit a aussi ses limites. Après 1990, beaucoup d’Allemands de l’Est ont perdu leur emploi. Certains ont eu le sentiment d’être oubliés. Le mot Wende lui-même fait débat : il évoque un simple virage, alors que friedliche Revolution souligne le rôle actif des citoyens. Par conséquent, le mythe existe, mais chacun le raconte un peu différemment.

Méthode

  1. Présenter le fait : Im Herbst 1989 gingen Tausende auf die Straße.
  2. Donner un argument pour : Einerseits war die Revolution friedlich und mutig.
  3. Nuancer : Andererseits waren viele Ostdeutsche nach 1990 enttäuscht.
  4. Conclure : Meiner Meinung nach ist der Herbst 1989 ein wichtiger Teil der deutschen Erinnerung.

Prononciation

Dans friedlich [frii-tlich], le « ie » est long. Dans Mauer [maou-er], « au » se dit « aou ». Enfin, le « ch » de Kirche [kir-che] est doux, comme un chuintement léger.

À retenir

  • À Leipzig, les prières du lundi à la Nikolaikirche deviennent des manifestations à partir de septembre 1989.
  • Le 9 octobre 1989, environ 70 000 personnes défilent sans violence : „Keine Gewalt!“
  • „Wir sind das Volk!“ réclame la démocratie ; „Wir sind ein Volk!“ réclame l’unité.
  • Le Mur s’ouvre dans la nuit du 9 novembre 1989 ; l’unité est fêtée le 3 octobre 1990.
  • Pour raconter : prétérit (gingen, fiel) et passif (wurde geöffnet).

Pour aller plus loin

Entraînez-vous d’abord avec les exercices sur la révolution pacifique, puis testez-vous avec le QCM du chapitre. Pour revoir la période de la division, relisez le cours sur le Mur de Berlin et la division. Enfin, le chapitre sur les traces du Mur de Berlin montre ce qu’il en reste aujourd’hui.

Cours « La révolution pacifique de 1989  » en PDF

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